« Privilégier la politique agricole »

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Pierre Le Roy, expert agricole, fondateur de globeco* Selon la FAO, la production agricole va devoir augmenter de 70 % d'ici à 2050 pour nourrir 9 milliards d'individus. Pensez-vous que cela soit faisable ? Si l'on observe la tendance depuis 1995, les rendements ont déjà quasiment triplé. Essentiellement pour deux raisons : l'extension des surfaces, puisqu'on plante maintenant dans des endroits, telle la Patagonie, où on ne cultivait pas avant, et l'amélioration des rendements. Celle-ci explique sans doute les trois quarts de la progression en matière de production. Elle est due aux efforts des chercheurs, sur les semences, notamment, et aux progrès techniques tels que l'ensemencement direct. Les OGM ont-ils quelque chose à voir dans l'amélioration des rendements ?Sans doute, d'ailleurs, on voit aux États-Unis un transfert du blé vers le soja et le maïs ? deux produits génétiquement modifiés ? du fait de rendements plus élevés. On parle beaucoup aujourd'hui d'investissements privés pour dynamiser la production locale : qu'en pensez-vous ?Cela dépend de l'état d'esprit avec lequel c'est fait. Si des investisseurs étrangers misent, comme d'ailleurs on le voit, sur une augmentation des rendements ? disons en Ukraine ? qui passeraient de 26 à 50 quintaux l'hectare en vingt ans, c'est une bonne initiative. Mais quand certaines entreprises privées cherchent avant tout à sortir toute la production du pays, cela a un goût de colonisation. Mais l'investissement, plutôt que l'aide, reste cependant la solution ? Absolument ! On voit d'ailleurs émerger une tendance : l'aide alimentaire des pays riches se double maintenant d'aide à l'investissement sur place. Reste que les pays, donateurs comme bénéficiaires, doivent privilégier la mise en place de véritables politiques agricoles, or ce n'est pas le cas, en particulier pour l'Afrique. Propos recueillis par Lysiane J. Baudu * www.globeco.f

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