La Bourse ou la vie pour la Banque verte

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Le marché a boudé les annonces du Crédit Agricolegricole sur ses projets et ses ambitions à l'horizon 2014. La prudence et le réalisme affichés par la Banque verte avaient peu de chances de séduire les boursiers. À moins d'imaginer qu'ils ne se soient soudain convertis à la culture de la mesure et de l'anti-Lehman. L'ADN du Crédit Agricolegricole et celui de la Bourse ont assez peu de gènes en commun. Au point qu'on peut se demander pourquoi le premier a tenu absolument à se greffer sur le second. Casa, le « véhicule coté » du groupe financier, a certes eu le mérite de sortir de la traditionnelle dichotomie entre banques privées détenues par leurs actionnaires et groupes mutualistes propriétés de leurs sociétaires. Mais cela reste un étrange animal qui ne reflète que très partiellement les forces de la banque, sa puissance dans les régions françaises et son réseau d'agences bien plus garni que celui de ses concurrents, alors qu'il en porte toutes les faiblesses, avec une activité de BFI, de financement et d'investissement, en mal de taille critique et un développement international contrasté, réussi par exemple en Italie mais problématique en Grèce. En affirmant vouloir mettre l'accent dans les prochaines années sur la banque de proximité, coeur de son savoir-faire, avec des bénéfices attendus dans ce domaine près de deux fois supérieurs à ceux prévus dans la BFI, pourtant généralement considérée comme un secteur à fortes marges, le Crédit Agricolegricole a clairement tourné le dos à un modèle bancaire dont les excès - qu'il n'a pas su éviter d'ailleurs - ont conduit à la récente grande crise économique et financière. Avec un tel objectif, la Banque verte est dans l'air du temps. Mais elle n'est pas dans celui des marchés. À se demander pourquoi elle y reste. oprovost@latribune.f

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