L'euro pâtit du retour des turbulences sur les marchés obligataires européens

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Les craintes de restructuration de la dette grecque et les interrogations sur l'avenir de l'Irlande et du Portugal ont lourdement pesé, lundi, sur l'euro. Alors qu'elle avait atteint 1,4520 dollar mardi 12 et mercredi 13 avril, son plus haut niveau depuis janvier 2010, la monnaie unique a successivement cassé les seuils de 1,44 dollar et de 1,43 dollar, puis celui de 1,42 dollar dans le sillage de la mise sous surveillance de la notation américaine par S&P (voir page 18). Bien que les anticipations de hausse de taux de la BCE, qui ont fait bondir l'euro depuis le début de l'année, soient toujours dans l'air du temps, les cambistes se sont concentrés lundi sur les signaux négatifs envoyés par le marché obligataire.Le taux à 2 ans grec a notamment bondi à un record de plus de 20 % en raison des spéculations sur une restructuration du fardeau financier grec. Sur le marché des « Credit Default Swap », ces produits d'assurance contre un risque de défaut, le contrat sur la Grèce a atteint un record et intègre une probabilité de défaut 64,5 %. Athènes a écarté ce scénario, le gouverneur de la banque centrale grecque, George Provopoulos, a souligné notamment que « la Banque de Grèce explique avec clarté depuis octobre, qu'une telle option n'est ni nécessaire ni souhaitable » et « aurait des conséquences catastrophiques ». Mais les marchés sont désormais très nerveux face aux incertitudes, et les taux des pays « périphériques » ont continué leur ascension.Regain de tension généraliséVendredi, Moody's avait dégradé de « Baa1 » à « Baa3 » et mis sous perspective « négative » la notation de l'Irlande. Les représentants de l'Union européenne, du FMI et du Portugal, ont en outre entamé lundi les négociations pour préciser le plan de sauvetage du pays, qui ne devrait pas être conclu avant la mi-mai. Symbole de ce regain de tension généralisé, le taux à 10 ans espagnol a grimpé de 15 points de base lundi, à 5,56 %, alors que les craintes de contagion de la crise de la dette à ce poids lourd économique s'étaient dissipées depuis le début de l'année. Le Trésor espagnol a d'ailleurs dû concéder lundi des taux en forte hausse de 2,77 % et 3,36 % pour placer ses titres à 12 et 18 mois, contre 2,12 % et 2,43 % le 15 mars. Julien Beauvieux

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