Des produits laitiers seront disponibles sur le marché à terme du Liffe dès 2010

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matières premièresAlors que 60.000 agriculteurs européens étaient en grève hier pour protester contre l'effondrement des prix du lait, la question de la mise en place d'un marché organisé revient sur le devant de la scène. L'abandon progressif des quotas laitiers ranime l'intérêt d'un véritable marché à terme sur le lait ? ou du moins ses dérivés. La nature très périssable du lait lui interdit d'être traité sur un marché au comptant : le lait doit en effet être recueilli sur les sites de production puis conditionné rapidement, avant de pouvoir atteindre tout marché organisé. À Londres, le Liffe, filiale de Nyse-Euronext, travaille sur le sujet depuis deux ans, et prévoit de lancer dès le premier semestre 2010 trois contrats à terme : sur le lait en poudre, le beurre et le petit-lait.avis partagés« Les prix du lait ont subi une forte volatilité ces dernières années, et nous avons été sollicités par divers intervenants : des industriels consommateurs de lait, mais aussi des producteurs, qui souhaitent se couvrir contre les variations de prix » assure Peter Blogg, responsable du développement de nouveaux produits au Liffe à Londres. Qui reconnaît volontiers les obstacles auxquels sera confronté ce marché, dont le démarrage devrait être relativement lent. Les prix du lait ne seront pas totalement libéralisés avant 2015 en Europe, ce qui limite le rôle d'un marché organisé. D'autre part, les marchés du lait sont encore très disséminés et très locaux, et les acteurs relativement petits pour la production et la distribution. Ce qui ne rebute pourtant pas la place de marché, qui rappelle l'exemple du blé meunier, à Paris. Un contrat qui a mis au moins dix ans à décoller avant de présenter un niveau de liquidité intéressant. « Dans le cas du lait, ce sera beaucoup plus rapide, puisque la libéralisation du marché est plus proche », assure Peter Blogg. Du côté des producteurs, les avis semblent partagés sur l'opportunité d'un tel marché, qui risque aussi de lisser les prix alors que les coûts de production peuvent être différents d'un pays à l'autre. Les prix du lait dans l'Europe des Vingt-Sept sont aujourd'hui disparates. La seule référence donnée par la LTO Nederland International Milk Price Reviews est donc contestée. Elle faisait état d'un prix moyen de 24,77 centimes d'euro le litre de lait pour le mois de juillet dernier, soit un recul de 25 % sur un an. La situation n'est pas plus glorieuse aux États-Unis, où les cours du lait en poudre affichent un recul de 25 % sur un an, à 12,12 dollars les 100 livres. D'un côté comme de l'autre de l'Atlantique, les coûts de production ne sont pas couverts par les cours actuels. « Nous devons aborder le sujet d'un marché à terme sur le lait, pour savoir s'il aiderait les prix à devenir plus transparents sur le long terme », a déclaré hier la commissaire à l'Agriculture, Marriann Fischer Boel, au Parlement européen. Aline RobertLégende externe image

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