La volte-face surprise de la livre sterling

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À l'heure où les officines de paris, qui pullulent en Grande-Bretagne, tournent à plein régime à quelques mois des élections générales, celles qui proposaient de jouer sur la livre sterling ont dû battre tous leurs records. Car au début du mois, personne n'aurait parié un penny sur le retour de la monnaie de Sa Majesté sur le devant de la scène monétaire. Bien au contraire, puisqu'une foule d'économistes annonçait sa chute prochaine à parité avec l'euro. Ils sont à nouveau pris à contre-pied par cette monnaie déconcertante, qui confirme une nouvelle fois qu'elle est la plus volatile du monde. Il aura suffi de quelques chiffres et déclarations pour que la livre effectue une volte-face spectaculaire qui lui a permis de monter mardi à son plus haut niveau depuis quatre mois face à l'euro, à 0,8730, tandis qu'elle rebondissait jusqu'à 1,6460 dollar. Et ce, en dépit de l'humiliation infligée aux Britanniques hier par la finalisation du rachat par l'américain Kraft du confiseur emblématique du Royaume-Uni, le groupe Cadbury. Et malgré les menaces des agences d'évaluation financière qui laissent planer le doute sur le maintien du prestigieux triple A dont bénéficie la note souveraine d'Albion.Mais alors que la livre avait déjà le vent à nouveau en poupe, les acheteurs potentiels ont été confrontés à un chiffre saisissant : l'inflation britannique, mesurée par l'indice des prix à la consommation, a fait un bond de 2,9 % en glissement annuel en décembre, sa plus forte progression depuis que cette statistique est compilée en 1997. La hausse des prix dépasse donc très largement l'objectif de 2 % qui lui est assigné par le gouvernement et que la Banque d'Angleterre est en charge de faire respecter depuis son indépendance opérationnelle qui date, elle aussi, de 1997. Théoriquement, la dérive des prix devrait contraindre la Banque d'Angleterre à relever son taux directeur pour tenter de faire rentrer l'inflation dans le rang. L'un de ses neuf « sages », Andrew Sentance, avait déclaré la semaine dernière que la « Vieille Dame » avait rempli sa mission de stimulation de l'économie et qu'elle n'avait pas besoin d'en faire davantage, évoquant la baisse historique des taux à 0,5 % et le programme de rachats d'emprunts d'État de 200 milliards de livres. Ce faisant, il laissait entendre que les conditions de crédit pourraient être resserrées plus rapidement que ne l'anticipent les marchés, toutes les statistiques permettant désormais de prédire que la Grande-Bretagne est sortie de la récession au quatrième trimestre et que le rebond de l'activité pourrait être robuste. La combinaison d'une recrudescence de l'inflation en phase de politique monétaire très accommodante aurait pourtant dû constituer un cocktail détonnant pour la livre. La monnaie d'Albion défie donc les lois de la gravitation, mais elle tire les dividendes de la désaffection actuelle pour l'euro. nL'inflation britannique, mesurée par l'indice des prix à la consommation, a fait un bond de 2,9 % sur un an.

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