Dominique Strauss-Kahn appelé à la rescousse de la Grèce

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Petit à petit, l'idée fait son chemin dans les esprits : au sein de l'Europe, des voix s'élèvent pour que le Fonds monétaire international (FMI) intervienne dans la crise que traverse la Grèce bientôt prise à la gorge par un besoin de refinancement de 20 milliards d'euros d'ici à mai. Les cris d'orfraies de certains Européens, qui écartaient comme une humiliation l'hypothèse d'un sauvetage d'Athènes par l'institution de Bretton Woods, ont commencé à se dissiper. Et les regards se tournent vers Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds, prêt à endosser le costume du sauveur de la Grèce et par la même occasion de la zone euro aujourd'hui tirée à hue et à dia, et cela à deux ans des présidentielles françaises.Barroso appuie l'option FMIL'Allemagne a ouvert la voie vendredi matin : «Au cas où il faudrait en venir (à une aide à la Grèce), le gouvernement allemand n'exclut pas le recours aux ressources du Fonds monétaire international", a indiqué Ulrich Wilhelm, porte-parole du gouvernement, assurant que l'Allemagne coordonnerait sa position avec celles de ses partenaires européens. Dans le sillage de Berlin, le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, puis la Finlande ont exprimé leur appui à une intervention du Fmi dans le dossier grec. "Ce n'est pas une question de prestige, mais de considérer ce qui serait le meilleur moyen de répondre" à la situation grecque, a expliqué le patron de la Commission. Les Pays Bas, la Suède, le Royaume Uni et même l'Italie ont dit envisager la possibilité d'un recours au Fmi pour la Grèce. Ultime bastionA ce rythme, la France risque de rester l'ultime bastion opposé à l'entrée en scène du FMI. Vendredi, Paris a martelé son credo. « La France travaille "en priorité" sur une solution européenne pour aider la Grèce à sortir de sa crise financière, a affirmé une source gouvernementale. S'empressant de préciser : « On n'a jamais été hostile à une intervention du Fonds monétaire international sous forme d'une assistance technique ». Mais une telle assistance est déjà à pied d'oeuvre depuis plusieurs semaines à Athènes. Dans l'entourage de Dominique Strauss-Kahn, on savoure le retour en grâce du Fonds et de son patron dans le jeu européen. Mais on observe aussi la plus extrême prudence. Depuis février, celui que Nicolas Srakozy a envoyé dans la capitale fédérale américaine en novembre 2007 n'a pas renchéri sur ses déclarations mesurées : «Nous continuons à dire que nous serions heureux d'apporter notre aide si on nous la demande", s'était-il contenté de répondre à une question de journaliste. A peine s'est-il octroyé un petit recadrage mercredi à propos de l'idée allemande d'un Fonds monétaire européen qu'il considèrerait comme "une distraction" par rapport aux problèmes budgétaires urgents du moment que doit régler la Grèce. Tapis rouge pour DSKMais à en juger par le retournement allemand et des réactions en chaîne déjà suscitées, Paris risque de se retrouver isolé dans son refus lorsque se tiendra le sommet européen les 25 et 26 mars prochains. « Le Fonds apparaîtrait d'autant plus comme le sauveur qu'il n'aurait même pas à assortir son prêt de sa traditionnelle cure d'assainissement budgétaire dont Athènes s'est déjà chargé », observe un commentateur de la vie politique française. Un tapis rouge se déroule donc devant Dominique Strauss-Kahn, qui ne se prononce toujours pas clairement sur ses intentions dans la perspective des présidentielles. « Mais qui croirait que Nicolas Sarkozy est prêt à négliger les intérêts européens pour préserver ses propres intérêts électoraux », feint de s'interroger ce commentateur.

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