Angela Merkel fait rechuter l'euro et les marchés actions

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La situation explosive de la zone euro semblait entrer dans une phase d'accalmie. C'était sans compter sur l'intransigeance de l'Allemagne pour tout ce qui ne s'apparente pas à la culture de stabilité germanique. La détestable habitude d'Angela Merkel de jouer en solo, au moment où les marchés exigent de l'Europe qu'elle se dote enfin de mécanismes de décisions économiques et financiers communs, a remis le feu aux poudres. L'annonce dans la soirée de mardi par Berlin de l'interdiction temporaire des ventes à découvert « à nu » de certains produits financiers (lire ci-desssous), a envoyé les places boursières et l'euro au tapis. Pour la Société Généralecute; Générale, ces mesures vont réduire l'attrait des instruments financiers libellés en euros. En outre, elles jettent la suspicion sur la crédibilité du plan de sauvetage géant de la zone euro mis en place il y a dix jours. Ciaran O'Hagan estime : « Nous avons besoin de restaurer la confiance des investisseurs dans le marché des emprunts d'Etat en euros. Des mesures qui réduisent la liquidité auront l'effet exactement oppos頻. rumeurs d'interventionDe Londres à Francfort, en passant par Paris, les indices boursiers ont plongé. L'Euro Stoxx 50 a terminé la séance en recul de près de 3 %. Au plus bas dans les transactions de mercredi, la monnaie unique des Seize s'est enfoncée à un nouveau point bas de quatre ans face au dollar, refluant jusqu'à 1,2145 dollar, tandis que le franc suisse, l'autre valeur refuge par excellence, pulvérisait un nouveau record de vigueur à 1,3995. Cette rechute, après une séance d'accalmie, a fait ressortir du bois les Cassandre. C'est ainsi que Hans Günther Redeker, le stratège changes de BNP Paribas à Londres, prédit une descente de l'euro en dessous de la parité avec le dollar pour la première fois depuis 2002, Angela Merkel ayant « détruit la lueur d'espoir » qui s'était inflitrée dans le marché. L'euro n'en a pas moins regagné du terrain dans l'après-midi après des rumeurs d'intervention de la Banque centrale européenne sur le marché des changes, qu'elle s'est refusée à commenter. Peu plausible au cours actuel de l'euro, qui reste très éloigné de son record historique de faiblesse face au billet vert atteint fin 2000 à 0,8230, cette incursion supposée dans le marché a coïncidé néanmoins avec une prise de position du FMI très présent en Europe depuis la mise en place du plan d'aide à la Grèce. Son directeur général adjoint, John Lipsky, venait de déclarer que l'euro était pratiquement parvenu à « sa valeur d'équilibre ». Seule consolation dans ce désastre auto-entretenu par l'Allemagne : la recherche désespérée de la qualité a renforcé le rôle de valeur-refuge des rendements à long terme. à 2,75 %, le taux des bunds allermands à dix ans est proche de son plancher historique, tandis que celui des OAT françaises de même échéance l'a pulvérisé, se détendant jusqu'à 2,97 %. n Le stratège changes de BNP Paribas à Londres prédit une descente de l'euro en dessous de la parité avec le dollar.

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