Les fonctionnaires sud-africains manifestent

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Devant l'hôpital Helen Joseph de Johannesburg, Moeder Molatlhiwa crie sa colère, ce jeudi, comme un million d'autres fonctionnaires en Afrique du Sud. « Nous avons été patients pendant la Coupe du monde, histoire de ne pas gâcher la fête, maintenant, ça suffit ! » dit-elle. La journée, cette jeune femme est infirmière. Le soir, elle vend des Tupperware et des vêtements d'occasion pour nourrir ses deux enfants. « Avec la hausse des prix, si je ne fais pas cette deuxième journée de travail, je n'y arrive pas », explique-t-elle.Certes, un infirmier de rang intermédiaire, comme un instituteur ou un policier, gagne 40 % de plus qu'un ouvrier, dont le salaire moyen est de 6.383 rands (685 euros), et l'augmentation des prix s'essouffle quelque peu, puisqu'elle n'atteint que 4,2 % en juin en rythme annuel, contre 6,9 % en 2009, et même 8,4 % en avril 2009. Mais il n'empêche, les grévistes réclament une revalorisation de salaire correspondant à environ deux fois le taux d'inflation de juin, soit 8,6 %. De même, Moeder Molatlhiwa rêve d'obtenir une allocation logement de 1.000 rands par mois (107 euros).coup de pouceLe gouvernement est prêt à offrir une hausse des salaires de 7 %, et un coup de pouce de 700 rands seulement pour l'aide au logement. Ces mesures coûteront déjà l'équivalent de 537 millions d'euros, alors que le gouvernement tente de réduire le déficit, à 6,7 % du PIB actuellement. Les fonctionnaires accepteront-ils ? Ils sont en grève illimitée pour l'instant. Si le mouvement social se durcit, l'opinion publique pourrait se retourner contre les syndicats, ne serait-ce que parce que les écoles sont fermées et que les parents n'ont pas de solution pour leurs enfants, dont certains doivent passer l'équivalent du bac dans deux mois. De même, plusieurs hôpitaux, comme celui de Chris Hani Baragwanath à Soweto - le plus grand centre hospitalier d'Afrique - sont paralysés, et les administrations fonctionnent au ralenti. « Indirectement, les revenus des fonctionnaires font vivre de nombreux sans-emploi et il ne faut pas oublier que 43 % des Sud-Africains vivent toujours sous le seuil de pauvret頻, souligne Ronald Nyathi, l'un des leaders de la Sadtu, le syndicat majoritaire dans l'enseignement. Sophie Ribstein, à Johannesburg

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