Le dollar défie autant l'Asie que l'Europe

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Tandis que l'Europe grogne, l'Asie réagit. La zone euro se contente d'interventions verbales pour tenter de contenir la baisse du dollar face à l'euro, qui une fois encore lundi s'est approché de la cote d'alerte de 1,50. Les ministres des Finances des Seize ont mis les taux de change à l'ordre du jour de la réunion de l'Eurogroupe pour tenter d'évaluer les conséquences de la vigueur de la monnaie unique sur la croissance, avec en filigrane l'évaluation classique qui veut qu'une appréciation de 10 % de la monnaie ? c'est exactement la hausse depuis un an du taux de change effectif réel de l'euro ? retire un point de PIB. Par contraste, les pays d'Asie interviennent massivement sur le marché des changes pour tenter de prévenir une hausse de leurs propres monnaies vis-à-vis du dollar. Au cours des trois derniers mois, la Chine a engrangé 141 milliards de dollars ? ses réserves de changes atteignant le record absolu de 2.273 milliards de dollars, en hausse de 19 % sur un an ? pour protéger l'arrimage de son yuan au dollar, restauré à la mi-2008.Mais ses voisins ne sont pas reste. À commencer par Hong Kong, qui a gardé son indépendance monétaire après le rattachement à la Chine et le lien de son dollar avec celui des États-Unis en vigueur depuis 1983, et dont les réserves de changes ont bondi de 41 % en un an, pour totaliser 227 milliards de dollars. Viennent ensuite la Thaïlande qui a protégé son baht en augmentant ses réserves de 27 %, Taiwan (+ 18 %), Singapour (+ 8 %) et la Corée du Sud (+ 6 %). Et pourtant, ni la stratégie européenne, ni la tactique asiatique n'ont empêché le dollar de dériver. Le billet vert a cédé 16 % de sa valeur face à l'euro depuis son point haut de l'année début mars (mais il en avait regagné 28 % depuis son plancher historique du 15 juillet 2008, à 1,6038). Au cours de la même période, les monnaies asiatiques se sont envolées de 4,5 % pour le dollar de Taiwan à 14 % pour le won sud-coréen et la roupie indonésienne en passant par une série de 7 % pour les roupies indienne et népalaise, le dollar de Singapour, le ringgit malaisien ou le baht thaïlandais, avec une singulière accélération depuis début septembre. La leçon est claire : lorsqu'elles vont contre le marché, les interventions ne fonctionnent pas et elles sont, en outre, entachées de redoutables effets pervers, dont la recrudescence de pressions inflationniste n'est pas la moindre. monnaies sous-évaluéesCe qui va contraindre ces pays à relever leurs taux, renforçant l'attrait pour leurs monnaies, dont la plupart, à commencer par le won, sont largement sous-évaluées. À terme, l'Asie devra laisser la bride sur le cou à ses monnaies et la Chine apparaîtrait hautement suspecte si elle parvenait à échapper au mouvement. Tôt ou tard, elle devra laisser le yuan reprendre la pente ascendante qui lui avait permis de gagner 20 % face au dollar entre la mi-2005 et la mi-2008.

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