Bruxelles attaque le Luxembourg et l'Autriche sur l'évasion fiscale

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Les Commissaires européens n’ont guère l’habitude de mettre les pieds dans le plat. Le Lituanien Algirdas Semeta, commissaire aux Affaires fiscales, n’a lui pas ménagé son discours dans une interview à l’hebdomadaire allemand Wirtschaftswoche. Il a ainsi ouvertement critiqué l’attitude des gouvernements autrichiens et luxembourgeois dans la lutte contre l’évasion fiscale.Blocages«Le Luxembourg et l’Autriche bloquent malheureusement depuis des années nos efforts pour plus de contrôles et de transparence fiscales en Europe», a-t-il dénoncé. Et de poursuivre : «ce serait un grand pas en avant si ces deux pays participaient au moins à l’échange automatique d’informations sur les revenus des intérêts.» Début octobre, Algirdas Semeta s’était déjà emporté contre le comportement de ces deux pays qui avaient refusé l’élargissement du mandat de la commission pour les négociations sur les échanges automatiques d’informations avec cinq pays tiers.Le Luxembourg en première ligneIl avait alors réclamé la levée du secret bancaire en Autriche qu’il jugeait «dépassé», au grand dam de Vienne. Cette fois, c’est le Luxembourg qui est dans sa ligne de mire. Dans son entretien avec Wirtschaftswoche, il pointe la contradiction interne du Grand-Duché dont le premier ministre préside l’Eurogroupe, la réunion des ministres des finances de la zone euro. «Ce que je ne peux comprendre, c’est que toute amélioration des revenus fiscaux améliorerait la situation dans les pays en crise. C’est pourquoi je pense que le président de l’Eurogroupe devrait soutenir et aider notre politique de justice et d’honnêteté fiscales», affirme-t-il.1000 milliards d’euros par anVisiblement excédé, Algirdas Semeta réclame une «stratégie claire contre les paradis fiscaux internes» à l’UE. Il estime à 1000 milliards d’euros les sommes qui chaque année disparaissent dans l’évasion fiscale et l’optimisation fiscale dans les 27 pays de l’Union. Les pays tiers comme la Suisse renvoient souvent les Européens à leurs propres faiblesses dans le domaine fiscal lors des négociations difficiles sur ce sujet.

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