Une succession délicate en Arabie Saoudite

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Les rumeurs, sur la santé, chancelante, du roi Abdallah, 87 ans, vont bon train à Riyad. Il serait sur le point de quitter le Maroc où il se repose pour revenir dans la capitale, pressé par les troubles dans les pays voisins. Le pays, assis sur un cinquième des réserves pétrolières de la planète, et surtout, le seul dont les capacités d'extraction seraient suffisantes pour palier une éventuelle pénurie mondiale, se trouve dans une situation délicate. Ne serait-ce que pour des raisons de succession. Le prince Nayef, censé prendre la suite du roi Abdallah, est lui aussi âgé. Et s'ils sont exclus de la succession, les nombreux fils de la famille Saoud, parmi les quelque 7.000 princes de la maison, joueraient déjà des coudes pour obtenir leur part de pouvoir, le tout dans un contexte explosif. Car la famille régnante doit elle aussi faire face à un mécontentement populaire larvé, résultat de son autocratie. Pis, et c'est nouveau dans un pays aussi riche - elle est assaillie par des problèmes économiques. Le taux de chômage atteint maintenant 10 % de la population. Nouveau défi, enfin, l'augmentation récente du prix des denrées alimentaires, pour un royaume qui les importe quasiment en totalité. En plus de ces maux inédits, le royaume est maintenant pris dans la tourmente régionale. Ses champs pétroliers sont à la frontière avec le Bahreïn, là où se trouve sa minorité chiite. Celle-ci est liée à celle du Bahreïn - qui réclame une meilleure représentation politique face à la dynastie sunnite au pouvoir à Manama. Or le wahhabisme, que les Saoud cherchent à exporter dans le monde musulman, considère non seulement le chiisme comme hérétique, mais en plus, sa montée, aiguillonnée par le militantisme iranien, est vécue comme la pire des perspectives, tant au niveau religieux que géopolitique. Lysiane J. Baudu

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