Chypre : les trois scénarios possibles

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Et maintenant ? Le parlement chypriote a rejeté le plan européen et sa taxe sur les dépôts bancaires. A présent, les alternatives pour la république méditerranéenne sont peu nombreuses.1 / L\'Europe renégocie le planLes ministres des Finances de la zone euro avait sans doute sous-estimé les conséquences de leur décision. La réaction à Chypre et dans le reste de l\'Europe a été si vive, que l\'on a vu les grands d\'Europe faire marche arrière et tenter d\'amoindrir les conséquences de la participation de l\'île à son propre renflouement. Devant le refus du parlement d\'adopter ce plan, les Européens accepteront-ils de renégocier ? Et dans ce cas, que sont-ils prêts à accorder ? Est-il envisageable que le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) prenne finalement à sa charge ces 5,8 milliards d\'euros ou une partie de cette somme afin de rendre plus « acceptable » et moins lourde la taxe sur les dépôts bancaires ? Difficile de répondre, mais l\'Eurogroupe s\'est dit prêt ce mercredi à examiner de nouvelles propositions chypriotes. Cette option permettrait, à un coût encore acceptable pour l\'Europe, de maintenir Chypre dans l\'orbite européenne et dans la zone euro. Mais les ministres européens perdraient la face et, pour la première fois depuis 2010, devraient accepter de revenir sur leurs décisions sous la pression d\'un parlement national.A noter que, dans ce domaine, la BCE est relativement impuissante. Chypre ayant rejeté l\'aide européenne, elle ne peut bénéficier du programme de rachat illimité OMT. Par ailleurs, le problème chypriote est surtout celui de ses banques, le rachat par la BCE de titres sur le marché secondaire ne pourra pas régler les problèmes du pays.2/ Chypre se jette dans les bras de la RussieLe ministre des Finances chypriote est à Moscou ce mercredi. Vladimir Poutine veut défendre les avoirs russes et pourrait venir en aide financièrement à l\'île. Il réclamerait en revanche, en retour, de larges concessions, sur le gaz ou des facilités militaires russes. L\'une des façons d\'aider Chypre serait de racheter l\'une de ses banques. C\'est ce qu\'envisagerait le gouvernement chypriote selon Le Figaro : céder la Laiki Bank - deuxième établissement bancaire de l\'île - à la Russie pour un euro. Le but étant d\'économiser 2,5 milliards d\'euros de recapitalisation. L\'aide russe viendrait sans doute en complément de l\'aide européenne. Il n\'y aurait pas de rupture entre Chypre et la zone euro dans l\'immédiat, mais un éloignement progressif. Surtout, le poids de l\'influence russe deviendrait immense dans cette petite île dont la position stratégique est importante. Chypre deviendrait rapidement le garant des intérêts de Moscou dans la zone euro et dans l\'UE. Ce qui ne sera pas sans poser de difficultés à moyen terme.3/ La failliteCette dernière solution serait la plus extrême, mais elle est inévitable dans le cas où la Russie ne viendrait pas en aide et où aucun accord ne serait trouvé avec l\'Europe. La recapitalisation des banques chypriotes se fera alors par la banque centrale par émission monétaire. Chypre devra quitter la zone euro, instaurer un strict contrôle des flux monétaires et un blocage des comptes courants pour le temps de la conversion dans la nouvelle livre chypriote. Le pays sera ruiné, son crédit de place financière serait définitivement détruit. Il entrerait alors dans un processus de reconstruction de son économie dans des conditions très difficiles. Pour la zone euro, ce serait un échec dangereux et un précédent préoccupant. 

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