Prime salariale : menace d'arbitrage dur de l'Elysée

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Nicolas Sarkozy avait promis lors de son déplacement mardi dans les Ardennes que les modalités de la prime accordée aux salariés des entreprises qui distribuent des dividendes seraient dévoilées prochainement. Selon le Figaro, il a retenu la solution la plus dure alors que ses ministres planchaient sur des options moins contraignantes. Une prime de quel montant ?François Baroin s'était la semaine dernière attiré les foudres de la présidente du Medef Laurence Parisot en avançant l'idée d'une prime « d'au moins 1.000 euros » pour les salariés d'entreprises versant des dividendes. Lundi, Christine Lagarde avait corrigé le tir en indiquant d'une part que l'État ne pouvait fixer un montant obligatoire et que, selon elle, la somme de 1.000 euros devait plutôt être considérée comme un « plafond » jusqu'auquel le gouvernement pourrait accorder des exonérations de charges. L'Elysée n'aurait retenur finalement aucun montant. Qui sera concerné ?Les premières déclarations semblaient réserver cette prime salariale aux entreprises versant des dividendes. Mais le week-end dernier, Xavier Bertrand affinait les choses en déclarant que la mesure concernerait « les entreprises dans lesquelles il y a des dividendes qui progressent ». Et le ministre du Travail d'ajouter « pour les autres entreprises, il faut que les salaires bougent ». Lors de son déplacement dans les Ardennes, le chef de l'État a semblé esquisser un dispositif à deux vitesses. « Dans les grandes entreprises, s'il y a une forte augmentation des dividendes, il faudra que les salariés en aient une partie et il faut obliger ces entreprises à négocier. » Pour ce qui est des petites entreprises - dont il reste à déterminer qui elles sont - « l'entreprise pourrait faire une prime aux salariés qui sera exonérée de cotisations », a complété le président de la République. Selon le Figaro, Nicolas sarkozy aurait finalement décidé que la mesure concernera les entreprises de plus de 50 salariés dont les dividendes sont en hausse par rapport à l'année précédente. Le dispositif sera-t-il obligatoire ?L'obligation devrait bien concerner le versement d'une telle prime pour les sociétés de plus de 50 salariés mais ses modalités d'applications - chèque, augmentation de la participation, de l'intéressement - seraient soumises à négociation au sein des entreprises entre direction et syndicat. Pour les PME de moins de 50 salariés, le dispositif serait seulement incitatif via le système d'exonérations de charges.Cette prime sera-t-elle exceptionnelle ou pérenne ? Ce dispositif qui n'avait pas vocation à être pérenne le deviendrait finalement, toujours selon Le Figaro. Une solution qui permettrait ainsi de concerner le maximum d'entreprises et de salariés. Ainsi, si une grosse société du CAC40 y échappe une année parce qu'elle n'augmente pas son dividende, elle sera concernée sans doute la ou les années suivantes. Les syndicats craignent pour leur part que ce type de dispositif se substituent aux revalorisations salariales qu'ils appellent de leurs voeux. Ensuite, cette mesure ne concernerait pas tous les salariés : le service public en serait notamment exclu compte tenu des déficits publics.

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