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Le géant de l'informatique a multiplié les acquisitions pou...

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Publié le 21 octobre 2010 à 09:47 - Mis à jour le 21 octobre 2010 à 09:47

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On connaît IBM mobilisant ses ingénieurs pour assembler un ordinateur ultrapuissant capable de battre un grand maître aux échecs. On connaît aussi IBM inventant une machine astucieuse, le PC, capable de changer la face de l'informatique. On connaît encore IBM investissant 5 milliards de dollars par an dans la recherche fondamentale et la recherche appliquée. On connaît moins IBM capable d'analyser des montagnes de données pour son propre compte ou pour le compte de ses clients. C'est pourtant une nouvelle facette du géant de l'informatique, taillée grâce à des acquisitions judicieuses dont la dernière est Netezza pour 1,7 milliard de dollars.Netezza est la 23e acquisition réalisée par IBM au cours des quatre dernières années pour mettre au point son portefeuille de solutions « business analytics ». L'odyssée a commencé en novembre 2007 avec l'achat de Cognos pour 5 milliards de dollars (Cognos est le concurrent historique de Business Objects qui a été repris par SAP). Elle s'est poursuivie par des acquisitions significatives comme SPSS, spécialiste de l'analyse prédictive, ou Unica, spécialiste de l'amélioration des campagnes marketing. IBM a dépensé au total 12 milliards de dollars pour bâtir ce portefeuille « business analytics ». Le fil d'Ariane qui lie toutes ces acquisitions est l'analyse puissante de données. Lors d'un déjeuner du Cercle 01 « La Tribune » Innovation, Jean-Baptiste Dézard, responsable de la stratégie « business analytics » d'IBM France, est venu tracer les grandes lignes de cette nouvelle branche de l'informatique. D'abord, nous créons de plus en plus de données. Cette année, l'humanité et ses machines vont créer 1,2 zetta-octets de données, c'est-à-dire 1,2 multiplié par 10 à la puissance 21. Et on ne va pas s'arrêter là. Nous produisons de plus en plus de vidéos haute définition, nous nous connectons sur Facebook ou sur LinkedIn, nous achetons des produits chez nos distributeurs préférés qui comportent une puce d'identification par radiofréquence.« S'intéresser à cette explosion de données est une opportunité, mais aussi une nécessité, note Jean-Baptiste Dézard. Sur Internet, dès que vous lancez un nouveau produit ou une communication, il faut surveiller le buzz, car la situation peut évoluer très vite. » La stratégie d'IBM a donc été d'investir 12 milliards de dollars pour proposer des techniques capables d'y trouver de l'intelligence. Dans la vie courante, qu'est-ce que cela donne ? British Airways a mis en place un système de décision pour déterminer à quel moment offrir un surclassement payant à un client. Un ensemble de paramètres entre en compte, mais il faut que la décision soit prise dans l'instant. En mettant en oeuvre ce service, 200.000 souscriptions supplémentaires ont été obtenues au cours de la première année d'exploitation. Un très bon retour sur investissement. Dans le domaine de la mode, on est dans la « fastfashion » et les collections ont des durées de vie courtes. Il faut optimiser la valeur que l'on peut générer avec chaque collection. Zara a travaillé avec le MIT pour développer un modèle de réassort extrêmement performant. Cette stratégie a été évaluée sur des magasins « placebos » et des magasins équipés. Zara a constaté 3 % à 4 % de chiffre d'affaires d'écart. Cela s'est traduit par 230 millions d'euros de chiffre d'affaires en plus en 2006 et 350 millions en 2007. IF, première compagnie d'assurances en Scandinavie, peut rembourser en cinq secondes par téléphone un client qui a eu un dégât matériel sur son véhicule - photo à l'appui - et régler le sinistre.En Europe, IBM a travaillé sur la modélisation du processus d'assemblage final de l'Airbus. Elle prend désormais quatorze secondes, ce qui est bien mais l'outil permet surtout de traiter efficacement les aléas de production. En effet, Airbus est surtout une histoire d'assemblage de différents modules. Lorsque l'un d'entre eux n'est pas disponible à temps, la charge de production peut être reconfigurée à la volée et de manière optimale. « Nous constatons que les systèmes physiques mais également les entreprises, qui sont elles-mêmes des mégasystèmes composés eux-mêmes de systèmes assez complexes, sont de plus en plus instrumentés, poursuit Jean-Baptiste Dézard. Ces systèmes émettent de plus en plus d'informations toutes les secondes. D'autre part, ces sources d'informations sont interconnectées 24 heures sur 24. »Face à cet océan de données, le but des « business analytics » est de trouver celles qui sont nécessaires et de les adapter à un bon modèle de prises de décision. « Cependant, les décisions elles-mêmes deviennent des informations et elles doivent être également gérées, avertit Jean-Baptiste Dézard. C'est une boucle d'apprentissage essentielle. » Globalement, trois techniques sont mises en oeuvre. D'abord, les techniques descriptives qui servent fondamentalement à mesurer un état (Il pleut, je vends plus de parapluies). « On connaît la Business Intelligence, mais, aujourd'hui, le volume que l'on prend en compte croît à une vitesse très importante et on passe d'un traitement en vingt-quatre heures à un traitement en vingt minutes », note Jean-Baptiste Dézard. Ajoutons qu'il faut de plus en plus traiter des données dites non structurées comme les images, les sons et les vidéos (80 % des données générées en 2009).Ensuite viennent les techniques prédictives, qui permettent d'anticiper et de dégager des modèles futurs, typiquement pour prévoir une demande ultérieure et faire des tests par rapport à la demande et à son évolution (S'il pleut ou s'il risque de pleuvoir, je vendrai plus de parapluies et probablement plus de parapluies dans une certaine couleur compte tenu de la mode actuelle et de la population qui fréquente mon magasin). Ces techniques permettent de moduler très rapidement la production. Enfin, il existe des techniques prescriptives, qui, une fois que l'on sait où on en est et où on veut aller, disent comment faire, compte tenu des objectifs et des contraintes, et élaborent des scénarios de faisabilité. Une des difficultés est en effet de mettre en oeuvre des moyens et d'allouer des ressources en respectant les contraintes. « La véritable valeur réside dans la combinaison de ces trois types de techniques pour mettre en oeuvre la boucle de décision permettant d'accompagner l'analyse, la décision, la mise en action et le compte rendu », note Jean-Baptiste Dézard.Pascal Boulard

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