Séquestrer le carbone réduirait les coûts de 70 ? %

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Selon le scénario développé par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) pour limiter la teneur en gaz à effet de serre dans l'atmosphère à 450 ppm (parties par million) et la hausse des températures à 2 oC à l'horizon 2030, plus de 50 % des réductions d'émissions attendues devraient provenir d'une meilleure efficacité énergétique. Il faudrait aussi que 60 % de l'électricité provienne d'un mélange d'énergies renouvelables (37 %), de nucléaire (18 %) et de centrales thermiques équipées de solutions de captage et de stockage de CO2 (5 %). L'économiste en chef de l'AIE, Fatih Birol, craint en revanche que, à la veille d'une reprise des investissements dans le secteur de l'énergie, l'absence de signal fort sur le prix du carbone favorise des choix moins sobres en CO2 et le maintien en activité de centrales peu performantes. Les énergéticiens européens sont venus promouvoir à Copenhague des solutions technologiques réduisant les émissions associées à la production d'énergie et à d'autres activités, telle que le captage et le stockage de CO2 (CSC). Appliqué aux centrales électriques, aux hauts-fourneaux de la sidérurgie ou aux cimenteries, le CSC pourrait, selon l'AIE, contribuer à abaisser de 70 % le coût de la lutte contre le changement climatique. Mais son coût implique un soutien des pouvoirs publics pour « amorcer la pompe » et créer un marché. D'où l'idée d'inclure le CSC aux mécanismes de développement propre (MDP*) du protocole de Kyoto, dont il est aujourd'hui exclu. Même combat pour le nucléaire, qui, selon l'AIE, permettrait d'éviter 670.000 tonnes de CO2 en 2030 si sa part dans la production électrique mondiale passait de 14 % actuellement à 18 %. Cette perspective suscite de vifs débats auprès des associations écologistes, lesquelles pointent aussi les coûts prohibitifs et les délais de mise en ?uvre. L'industrie souhaite déjà ne plus être exclue a priori de certaines pistes envisagées à Copenhague. Dans certains textes, les Nama (National Appropriate Mitigation Actions), par lesquelles les pays en développement pourraient s'engager à limiter leurs émissions, excluent le nucléaire et les grandes installations hydroélectriques. Enfin, la question des droits de propriété intellectuelle, dans le cadre des transferts de technologies propres du Nord vers le Sud, a été très débattue. Entre les tenants du maintien des règles actuelles (États-Unis et Européens en tête), qui rendent les technologies propres inabordables pour les pays pauvres, et les partisans du Compulsory Licensing, dont l'Inde et la Chine, qui permet à un gouvernement d'utiliser une technologie sans l'accord du détenteur des brevets, ce fut l'une des principales pierres d'achoppement des négociations. Des pistes intermédiaires entre ces deux positions extrêmes existent cependant, qui laissent entrevoir des solutions pour les prochaines années. D. P.(*) Les MDP permettent aux industries des pays développés d'acquérir des crédits d'émissions sur la base des émissions évitées grâce à leurs investissements technologiques dans les pays en développement.

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