BNP Paribas appelle la Berd à la rescousse pour sa banque en Ukraine

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C'est le dernier recours possible. BNP Paribas a annoncé lundi que la Banque Européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) aidera à la recapitalisation de sa filiale ukrainienne. Concrètement, Ukrsibbank va augmenter son capital de 382 millions de dollars (291 millions d'euros) dont seulement 160 millions de dollars seront financés par son actionnaire unique BNP Paribas. La Berd financera le solde de 222 millions de dollars sous la forme d'un prêt de 140 millions de dollars sur dix ans, ainsi qu'une injection de fonds propres de 82 millions de dollars. Ceci lui permettra de prendre 15 % du capital d'Ukrsibbank aux côtés de la banque française. En novembre dernier, BNP Paribas avait déjà injecté 300 millions d'euros dans sa filiale qui reçoit au total près de 600 millions d'euros.L'arrivée de la Berd pour renforcer la banque ukrainienne est interprétée comme un véritable sauvetage que la banque française ne semblait plus pouvoir, ou plutôt vouloir, assumer après avoir déjà mené une lourde restructuration. Ukrsibbank a subi la crise de plein fouet alors que l'Ukraine est passée prêt de la faillite avant de solliciter une aide du Fonds monétaire international (FMI). Au total, BNP Paribas a passé 769 millions d'euros de provisions pour pertes en 2008 et 2009 rien que pour Ukrsibbank - qui a fermé 300 de ses 1.000 agences. Des montants colossaux au regard des 40 millions d'euros de résultat brut d'exploitation dégagés sur les neuf premiers mois de 2006, juste après sa prise de contrôle par BNP Paribas. Mais le plus surprenant n'est pas tant le sauvetage de l'ukrainienne que l'identité de ses sauveurs. D'abord, BNP Paribas est aidée par une institution financée par les deniers publics des Etats européens. Une situation qui rappelle les critiques émises lors du rachat de Fortis (voir ci-contre). Soupçon de conflit d'intérêtLa mission de la Berd est d'investir dans les entreprises pour développer les économies d'Europe de l'Est mais n'a pas vocation à secourir des entreprises, comme le FMI le fait pour les Etats. Mais, surtout, un soupçon de conflit d'intérêt pèse sur BNP Paribas. La banque française emploie Jean Lemierre, ancien président de la Berd entre 2000 et 2008, comme conseiller de son président, Michel Pébereau. Il a notamment en charge la gestion de plusieurs dossiers internationaux. La banque réfute tout conflit d'intérêt en assurant que cette décision a été prise par le conseil d'administration de la Berd, dont Jean Lemierre n'est plus membre. Dans ce contexte, l'intervention de la Berd peut toutefois s'avérer embarrassante pour BNP Paribas.

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