Vaste opération de police sur le marché du CO2 en Italie

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L'opération avait été baptisée « Green Fees ». Vendredi 17 décembre à la première heure, la police italienne a organisé 150 perquisitions simultanées dans une dizaine de régions du pays. Au total, une vingtaine d'entreprises impliquées dans les quotas de CO2 ont été inquiétées, et de nombreux comptes de quotas bloqués. La police suspecte une fraude à la TVA au carroussel, qui aurait porté sur 500 millions d'euros au total. « C'est une des plus vastes affaire criminelles de ces derniers temps », estime la Guardia di Finanza, la police douanière italienne, qui se félicite de la collaboration des fiscs allemands et britanniques. Mais pas du fisc français, accusé de faire cavalier seul depuis le début de l'affaire, alors que la fraude a touché la France en priorité. Elle est estimée à 5 milliards d'euros au niveau européen, mais aurait atteint entre 1,7 et 1,9 milliard d'euros en France selon l'analyse de Marius-Christian Frunza*, chercheur à la Sorbonne. Alertée depuis de longs mois, notamment par des professionnels français, l'Italie n'a fermé son marché du CO2, le Gestore dei Mercati Energetici (GME) que début décembre, en raison de volumes suspects. En novembre, les volumes d'échange avaient progressé sur toutes les places de marché européennes, mais... seulement le jeudi, seul jour d'ouverture du marché italien ! Ainsi sur le marché londonien European Climate Exchange, les volumes étaient entre 2 et 3 fois plus importants durant les jeudi de novembre. Réaction radicale« Le comportement du marché italien était totalement anormal, et il y a visiblement un lien entre les volumes des places de marché et l'Italie », estime Joshua Gershon chez Bache Commodities. Si elle peut sembler tardive, la réaction de la police italienne a le mérite d'être radicale par son ampleur et aura au moins permis de retrouver des quotas volés. Le cimentier suisse Holcim, un des gros acteurs du CO2en Europe, avait déclaré fin novembre avoir vu 1,6 million de quotas disparaître de ses comptes roumains, soit une perte d'environ 15 millions d'euros. Selon une source à la Guardia di Finanza, certains des quotas volés en Roumanie ont été retrouvés sur les comptes italiens. Aline Robert (*) Auteur de « Carbon allowances : a new financial asset » (Ed. Universitaires européennes).

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