Le Pentagone à la française prend corps

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C'est un projet complexe et controversé. C'est aussi le plus grand chantier de bâtiment lancé en France en un seul bloc pour lequel Bouygues, Eiffage et Vinci doivent remettre une « proposition intermédiaire» le 1er juillet. Douze sites du ministère de la Défense disséminés dans Paris et parfois en piteux état doivent être regroupés en 2014 à Balard. En édifiant ce Pentagone à la française qui accueillera sur 300.000 m2 toute son administration centrale, soit 10.000 personnes, le ministère de la Défense espère gagner en image en se dotant d'un bâtiment emblématique sur le plan architectural, favoriser les échanges entre états-majors conformément à la réforme des armées, et offrir de meilleures conditions de travail à ses personnels. Mais le choix du site, situé en zone inondable, et l'ampleur de l'engagement que représentera pour l'État ce partenariat public privé (près de 3 milliards d'euros, à raison d'un loyer annuel de « plus de 100 millions d'euros » sur 2014 à 2041) ont été contestés. Bruno Vieillefosse, le patron du projet, a précisé lundi que les équipements techniques seront hors d'atteinte de toute crue décennale tandis que le centre opérationnel des armées édifié sous terre fera l'objet d'un cuvelage.offre finale en janvier 2011Sur le plan financier, alors que l'heure est à la rigueur budgétaire, il a assuré « n'avoir aucune raison de penser que ce projet, qui ne pèsera sur le budget de la Défense qu'à partir de juin 2014, puisse être abandonn頻. Le coût de fonctionnement de l'administration centrale du ministère avait été chiffré en 2006 à 217 millions d'euros pour 17.000 personnes, contre plus de 100 millions et 10.000 personnes à Balard, à la nuance près que l'entretien des bâtiments n'est aujourd'hui pas assuré alors qu'il le sera dans le futur Pentagone. « En externalisant toute une série de services comme la restauration, nous parviendrons à des dépenses inférieures ou équivalentes aux dépenses actuelles », promet-il. Le ministère compte aussi dégager 700 à 800 millions de la revente de huit des douze emprises libérées dans Paris. Les trois majors du BTP, associés à de grands noms de l'architecture (Bouygues avec Nicolas Michelin et Jean-Michel Wilmotte, Eiffage avec Norman Foster, Vinci avec Dominique Perrault) devront remettre leur offre finale en janvier 2011. Le lauréat sera désigné au printemps. Sophie Sanchez

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