Les sociétés européennes affichent des rendements disparates

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Deux cent soixante dix points de base. C'est aujourd'hui l'écart de rendement (dividende/cours de Bourse) affiché entre une action espagnole et un titre allemand. Cette différence illustre bien les fortes disparités existant entre les principales places européennes en matière de distribution de coupons de la part des entreprises. Selon les données fournies par le consensus IBES, Madrid figure en tête de classement avec un taux de rendement moyen de 5,7 % sur la base des estimations 2010, suivi par l'Italie (4,3 %). À l'exception de la France et de la Grande-Bretagne, le palmarès reflète la qualité de signature des pays concernés. Le lien de cause à effet n'a rien de si surprenant. Comme le souligne Julien Bonnin, gérant chez Amundi, « les Bourses où le risque souverain a le plus augmenté ont souvent le plus souffert ». C'est notamment le cas de l'indice Ibex espagnol qui, avec une chute de plus de 9 % depuis le début de l'année, accuse la plus mauvaise performance boursière du Vieux Continent. Entraînant mécaniquement une baisse du dénominateur. À l'inverse, la Bourse de Francfort, dont la valeur a progressé de 6 % depuis janvier, procure un taux de rendement moyen de seulement 3 %. « Même si le risque souverain a affecté les indices en Europe du sud et mécaniquement fait monter les rendements, le phénomène est marginal », nuance Arnaud Cayla, gérant chez Barclay's. Et d'ajouter : « je ne pense pas qu'il y ait de véritable corrolaire si l'on sait qu'il y a cinq ans, le risque souverain n'existait pas et que les rendements étaient les mêmes ».Disparités sectoriellesDe son côté, Claire Chaves d'Oliveira, gérante chez Groupama AM, relève des disparités sectorielles importantes entre les différents pays. Elle note que l'Espagne comporte beaucoup de sociétés appartenant aux industries des banques, utilities, télécoms et BTP, « traditionnellement à rendement élev頻. À contrario, l'Allemagne compte de nombreuses valeurs industrielles moins enclines à redistribuer leurs résultats. Tout comme certaines banques, qui ont dû renoncer au détachement de dividendes, ou les groupes miniers au Royaume-Uni. « En Grande-Bretagne, HSBC et BHP, les deux poids lourds du Footsie, affichent des rendements de 3,4 et 2,9 % », précise Julien Bonnin. Il observe, en revanche, que « Telefonica, première capitalisation boursière espagnole, dont le dividende estimé représente 8 % de son cours, tire la moyenne vers le haut ». Arnaud Cayla estime, quant à lui, que « le rendement des places dépend surtout de la maturité des secteurs qui composent les indices ». Il cite l'exemple de l'Allemagne, où les entreprises investissent beaucoup, notamment dans le secteur des biens d'équipements.D'une manière générale, on constate que les rendements sont les plus élevés là où le taux de distribution des bénéfices des entreprises est le plus important. Ainsi, les entreprises cotées espagnoles reversent 59 % de leurs profits contre 46 % pour les sociétés françaises.

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