Nicolas Sarkozy dresse le bilan de deux ans d'autonomie des universités

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Le grand emprunt et les difficultés consécutives à l'autonomie devaient être mardi soir au menu de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et 14 présidents d'universités autonomes. Comme il s?y était engagé, le chef de l'État aura reçu les 51 présidents des universités passée à l'autonomie depuis le 1er janvier 2009 (elle seront 73 le 1er janvier 2011, soit 90 % de l'ensemble des universités). Après deux ans d'expérience, un premier « bilan » est possible. Les présidents d'université sont globalement satisfaits de l'autonomie, voire en réclament plus en matière de gestion.Mais des effets pervers ont récemment émergé. Sur le front budgétaire tout d'abord. Des divergences d'estimation de la masse entre le ministère et certaines universités ont conduit à des rejets voire des reports du budget 2011 (au Havre, à La Rochelle). En cause notamment, une pyramide des âges parfois défavorable. Alors qu'il s'équilibrait nationalement auparavant, le « glissement vieillesse technicité » (GVT), terme barbare qui correspond à l'évolution de la masse salariale à effectif constant, est désormais traité au niveau de chaque université. Conséquence : il est négatif pour certaines (la masse salariale baisse car les départs à la retraite sont compensés par des remplaçants aux salaires moins élevés), positif pour d'autres (les progressions de carrière font augmenter la masse salariale). « Notre moyenne d'âge est de 43 ans, explique Gérard Blanchard, le président de La Rochelle. Notre masse salariale augmente donc de 1,5 % par an. » Soit près de 600.000 euros de plus, que l'université n'est pas assurée de récupérer dans la dotation 2011 que va lui attribuer l'État. La conférence des présidents d'universités (CPU) demande, depuis cet été, une évaluation régulière de la masse salariale. Le ministère assure que le problème, dû à une mauvaise anticipation de la part de certaines universités, va être réglé. Autre front, celui des insituts universitaires de technologies (IUT) qui ne bénéficient plus d'un budget à part et estiment que certaines universités ponctionnent leurs moyens. Les présidents et directeurs d'IUT ont réaffirmé lundi leur volonté de créer un réseau à part.Le chantier de l'autonomie est donc loin d'être achevé. Une « étape 2 » de l'autonomie est toujours à l'étude qui devrait permettre de faire évoluer la gouvernance, comme le demande la CPU, et d'accélérer la dévolution du patrimoine. À moins que le grand emprunt, priorité de 2011, ne reporte cette seconde phase après la présidentielle de 2012. Clarisse Jay

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