Kolossal... aires

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Toujours nombreux chez nous, les émules du modèle allemand vont tirer argument de fortes hausses de salaire outre-Rhin pour demander la même chose en France. Au diable, Pères la Rigueur ! Arrière, Trichet de tout poil ! Si même les Teutons s'augmentent, n'est-ce pas le signe que la vertu salariale est désormais orpheline ? S'il faut être germanique pour être raisonnable, alors rendons-nous à l'évidence, soyons enfin allemands - c'est le moment idéal.Une telle lecture des accords salariaux généreux qui se profilent outre-Rhin serait évidemment coupable. En dépit de leur apparence paisible, les Allemands sont des artistes de la démesure. Lorsque c'est l'heure de l'austérité, les voici qui sabrent dans les dépenses, compriment les salaires, expriment la productivité des usines comme le jus des citrons. Un considérable effort national a été accompli dans ce sens à l'initiative du précédent chancelier fédéral, Gerhard Schröder. Ces années d'effort servent aujourd'hui la croissance, grâce au vent de la reprise mondiale dont l'Allemagne profite toutes voiles dehors. Du coup, nos voisins s'octroient des augmentations de salaire wagnériennes, alors même que le reste de l'Europe doit se contenter d'une sobre suite pour violoncelle seul.En réalité, les autres pays de la zone euro ont déjà mangé les bénéfices de l'union monétaire, sous la forme de hausses de salaires supérieures à la productivité (en Espagne, en Grèce, en Italie, au Portugal), de la réduction du temps de travail (la France) et de la croissance de l'endettement public (la France encore). L'Allemagne a fait tout le contraire. Elle a d'abord serré ses coûts et son budget, et profite aujourd'hui d'un taux de change très favorable et d'une zone de stabilité monétaire dans sa banlieue économique. Comment dit-on la cigale et la fourmi en allemand ?

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