La mention « Vin de France » à la conquête du monde
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Sacrilège pour les uns, opportunité pour les autres, la nouvelle mention « Vin de France », autorisée par le changement de réglementation européenne d'avril 2009, permet tous les mélanges : de millésimes, cépages, vignobles. Quelques mois après les premières mises en marché, les professionnels de l'association nationale interprofessionnelle Anivin dressent un petit bilan. Selon eux, un millier d'opérateurs français utiliseraient déjà la mention, dont les célèbres Castel, Grands Chais de France, Advini, etc. Fin 2012, ils commercialiseront ainsi 130 millions de bouteilles. Leur objectif ? Être plus compétitif à l'international face aux pays dits du nouveau monde. « La France a perdu 20 % à 30 % de parts de marché depuis dix ans, quand des pays comme le Chili ou l'Argentine raflent tout, notamment aux États-Unis, qui sera bientôt le premier marché de consommation au monde, devant l'Hexagone », s'énerve Bruno Kessler, représentant des négociants. « Nous n'avons pas su nous remettre en question face à l'engouement pour les cépages », enfonce René Moreno, président de l'Anivin.Plus innovantsGrâce à la nouvelle mention, les anciens vins de table (vendus entre 3 et 15 euros) feront une place prépondérante à la marque mais pourront aussi être plus innovants. « Nous allons par exemple mélanger les profils organoleptiques de nos Sauvignon de Loire, Gascogne et Languedoc sous notre signature JP Chenet », se réjouit Betrand Praz, le directeur des achats des Grands Chais de France (750 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont 73 % à l'export). Les nouvelles règles permettront surtout de mieux sécuriser les approvisionnements. Le petit producteur Badet Clément a ainsi pu référencer deux de ses marques chez des distributeurs anglais, dont Tesco. « Nous n'aurions pas pu sous indication géographique traditionnelle », explique le patron, Christophe Rochet. S. L.
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