L'éditorial de olivier provost

 |   |  311  mots
Dans quelques heures, Nicolas Sarkozy saura. Il saura s'il peut maintenir SA réforme des retraites, claironner qu'il restera dans les annales comme le président de la République qui aura mis fin au carcan du départ à 60 ans, souligner à quel point il est bien un véritable réformateur. Si la mobilisation est très forte, si les syndicats poussent les feux - en évitant le piège de la grève reconductible qui risque de finir « en eau de boudin » -, si l'opposition reprend la main autrement que par des formules à l'emporte-pièce (de type « retour au 60 ans dès l'alternance » auquel les Français ne croient guère), alors, la réforme risque d'être menacée ou en partie vidée de sa substance pour espérer survivre. Dans le cas contraire, quelques concessions au Sénat sur les carrières longues ou les parents (sous-entendu : les femmes) ayant élevé trois enfants devraient parachever le projet et permettre à l'hôte de l'Élysée de se rêver en bâtisseur de la France de demain. Il ne se privera pas alors de souligner que sa grande oeuvre règle - pas complètement d'ailleurs - un problème laissé béant par l'auteur de la précédente réforme, un certain... François Fillon, que de mauvais esprits, y compris au sein de la majorité, verraient comme un meilleur candidat à la présidentielle de 2012. C'est là toute la différence entre la politique, particulièrement la démocratie, et l'histoire. Réformateur et électeurs font rarement bon ménage. Le président de la République pourra espérer se voir dresser une statue de redresseur du régime des retraites mais perdre du coup son statut de candidat vraisemblable pour le scrutin suprême tant il se sera rendu impopulaire.oprovost@latribune.f

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :