Bruno Le Maire, un ministre qui apprend vite

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ortraitEn plein été, Bruno Le Maire se serait peut-être passé de « faire l'actualit頻. Ce lundi 3 août, télés et radios se massent dans la cour du ministère de l'Agriculture, rue de Varenne. L'actualité politique du jour a lieu là, et nulle part ailleurs. L'encore jeune ministre ? il vient de fêter ses 40 ans ? doit recevoir longuement les représentants des producteurs de fruits et légumes, et tenter d'apaiser leur émoi. Il a dû interrompre ses vacances en famille dans le sud-ouest de la France pour « remonter » précipitamment à Paris. Il faut dire qu'il l'a un peu cherché, en annonçant que les producteurs devraient rembourser sans faute des aides d'État qu'ils n'ont en fait? jamais vraiment touchées (elles l'ont été par leurs offices agricoles).Bruno Le Maire, pourtant, n'a rien d'un ministre gaffeur. Mais en insistant sur le respect des règles européennes, qui imposent le remboursement d'aides indûment perçues, il a un peu oublié, en ce début de mois d'août, le remaniement de juin, qui l'a fait passer du secrétariat aux Affaires européennes au ministère de l'Agriculture. Dès le lendemain de sa rencontre avec les professionnels, il corrige le tir, admettant un léger dérapage. Il sait mettre en veilleuse ses convictions européennes : il se doit de faire en sorte de bien traiter « ses » agriculteurs (« il faut prendre en compte leur émotion », insiste-t-il). Et de faire état du soutien que lui a réaffirmé Nicolas Sarkozy, avec lequel il a été en contact téléphonique.« vieux routier »Depuis ce tumulte médiatico-agricole du mois d'août, Bruno Le Maire n'a plus dérapé. Jeune ministre, mais qui apprend vite? Il gère aujourd'hui la crise du lait en vieux routier de la rue de Varenne. Nul, du reste, n'a jamais songé à le décrire en malhabile. Dans son dernier livre, « Des hommes d'État », ce normalien, qui a dirigé le cabinet de Dominique de Villepin à Matignon, égratigne Nicolas Sarkozy, avec lequel il a été fréquemment en contact. Mais il sait jusqu'où aller trop loin. Il se tient ainsi soigneusement à l'écart de l'affaire Clearstream, dossier sur lequel il prend ses distances avec son mentor Villepin.Une défense de l'ex-Premier ministre sur ce sujet ultrasensible aurait pu lui barrer la route de la politique en Sarkozie. Il a soigneusement évité cet écueil. Dès lors, le chef de l'État était trop content de le promouvoir ministre, affichant cette prise chez les villepinistes.

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