L'aide à l'Irlande ne circonscrit pas les tensions sur les dettes « périphériques »

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La détente observée lundi après l'annonce ce week-end d'un accord d'aide à Dublin a fait long feu. Dans le sillage de la mise en garde de Moody's, qui a indiqué qu'une dégradation de plusieurs crans de la note financière du pays était « probable », les titres irlandais ont abandonné l'essentiel de leurs gains. Evoluant en sens inverse des prix, le taux des titres d'État à 10 ans irlandais cédait en fin de journée seulement 2 points de base, à 8,09 %, après avoir atteint à la mi-journée 7,90 %, son plus bas niveau depuis le 9 novembre.L'aide ne devrait pas dépasser 100 milliards d'euros et provenir du fonds de sauvetage de 750 milliards d'euros annoncé en mai pour éviter toute contagion de la crise grecque. Les fonds seraient pour partie utilisés par Dublin pour recapitaliser ses banques, le restant lui permettant de se financer à environ 5 % pour éviter les taux du marché. Ce plan va « cristalliser davantage de dette liées au secteur bancaire dans les comptes du gouvernement, et augmenter le fardeau financier de l'Etat », estime Moody's. Pour l'agence, « une dégradation de plusieurs crans, qui maintiendrait la note dans la catégorie ?Investissement? (celle des titres les plus sûrs notés au moins « Baa », ndlr), est maintenant le résultat le plus probable de notre revue » de la note « Aa2 » de l'Irlande. Comme la dette grecque, les titres irlandais risquent à terme de sortir des indices obligataires, renforçant ainsi les mouvements vendeurs.Le taux à 10 ans de l'Espagne, dont le déficit devrait atteindre plus de 9 % en 2010 et 6 % en 2011, a atteint un nouveau plus haut depuis juillet, à 4,77 %. Le taux du Portugal, qui doit voter vendredi son budget et a comme objectif de baisser à 4,6% son déficit en 2011, se détendait de 4 points, à 6,70 %, après un bond à un record de 15 ans de 7,24 % le 11 novembre. « Bien que le Portugal soit clairement le prochain sur la liste, il est en meilleur position que l'Irlande, ce qui signifie qu'il ne devrait pas demander d'aide dans un futur proche », souligne Emilie Gay, économiste chez Capital Economics. « Mais les besoins de financement l'an prochain seront difficiles si les taux restent proches de 7 % », ajoute-t-elle. Le Portugal devra refinancer 28 % de sa dette en 2011, contre 25 % pour l'Irlande et 35 % pour l'Espagne. Julien Beauvieux

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