Les géants des boissons fondent sur les smoothies

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Avec Chiquita et Immédia, Danone fait le choix d'inaugurer son pôle fruits par les smoothies. Ces fruits mixés, disponibles en petites bouteilles dans les chaînes de restauration rapide ou les boulangeries et en grand format dans les supermarchés, ont connu un véritable essor dans le monde depuis cinq ans. Le marché est estimé à 500 millions d'euros en 2009. Pourtant leur prix très premium (de 2 à 3 euros les 25 cl) ne leur a pas porté bonheur en pleine crise. Selon le panéliste Euromonitor, les marchés anglais et allemand, les plus gros d'Europe, ont chuté de 10 % l'année dernière. En France, la baisse atteint 22 % depuis un an, pour des ventes totales inférieures à 25 millions d'euros en grandes surfaces, soit 8 % des jus de fruits frais.Pas de quoi décourager les leaders mondiaux de la boisson. Bien au contraire?! Dès 2008, PepsiCo s'est lancé sur le marché sous sa marque Tropicana, avec plus ou moins de succès. « Nous continuons à investir cette année, même si nous devons faire des arbitrages avec nos jus », explique le directeur général de PepsiCo France, Vincent Prolongeau. La patronne internationale du groupe, Indra Nooyi, a elle-même rappelé en avril que, d'ici à 2020, les ventes maison de produits à vocation santé devaient passer de 10 à 30 milliards de dollars.Suivant la même logique, Coca-Cola a mis la main en 2008 sur le concepteur et leader du marché des smoothies, Innocent. Le géant d'Atlanta vient d'ailleurs de pousser ses billes en toute discrétion, passant de 18 % à 58 % du capital en avril, soit un investissement total estimé à 112 millions d'euros. Pour le moment, le groupe laisse les trois cofondateurs diriger. Mais les conseils croissent en proportion de l'argent investi. À côté d'eux, Danone entre directement à la deuxième place du marché européen (hors Angleterre) où Chiquita pèse 17 % des ventes, derrière Innocent (28 %). En France, la petite marque Immédia s'est fait balayer par l'arrivée de Pepsi, qui a oeuvré auprès de la distribution pour éliminer ses concurrents. « La marque n'est même pas sur mon radar », avoue le directeur général de PepsiCo. Gageons que, face à Danone, son radar fonctionne à nouveau rapidement. S. L.

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