La consultation publique sur la régulation des nanotechnologies a tourné court

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Le tour de France s'est transformé en parcours d'obstacles. Le grand débat national sur la régulation des nanotechnologies, un processus issu du Grenelle de l'environnement, n'aura pas vraiment eu lieu. Entamé en octobre 2009, il s'est achevé mardi soir avec un sentiment général de gâchis et de frustration.Les organisateurs n'avaient manifestement pas pris en compte la détermination de certains opposants, comme le collectif Pièces et main-d'oeuvre (PMO), originaire de la région de Grenoble, une des premières en France pour la recherche dans les nanosciences avec le technopôle Minatec du CEA. En quatre mois, ces militants ont fait capoter la moitié des dix-sept réunions publiques prévues dans toute la France, dénonçant une « parodie de démocratie » car, soulignent-ils, « cela fait plus de dix ans que les grands investissements sont décidés ».Longtemps cantonnées dans les laboratoires, les nanotechnologies sont passées de la recherche fondamentale à des applications bien concrètes : aujourd'hui, on recense un millier de produits incorporant des éléments nanostructurés qui améliorent leurs propriétés chimiques et physiques.risques sanitairesLe plus grand mérite de ce débat national chahuté - et donc hautement médiatisé - aura été tout simplement de révéler au grand public l'existence de ces fameuses nanotechnologies. Car, sur le fond, les discussions n'ont pas vraiment permis d'approfondir les connaissances sur les risques sanitaires et écologiques liés à la mise sur le marché de produits dont la structure moléculaire a été modifiée.L'organisateur de cette consultation, Jean Bergougnoux, président de la commission du débat public sur les nanotechnologies, a dressé un bien maigre bilan : 3.200 personnes ont assisté aux réunions, 150.000 visites ont été enregistrées sur le site Web du débat. En octobre dernier, lors du lancement de l'opération, le président avançait le chiffre de 10.000 participants... « On ne peut que regretter et condamner les actes qui ont empêché certaines réunions publiques de se tenir dans des conditions normales. Néanmoins, cette opposition fait intégralement partie du débat et il en sera rendu compte en tant que telle », explique-t-il. Un rapport de synthèse sera remis dans deux mois aux sept ministères commanditaires de ce débat public. Laurent Pericone

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