L'Irlande prévoit un plan d'austérité drastique pour contenir sa dette

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Il n'y avait aucun représentant officiel du FMI, ni de l'Union Européenne. Seul le drapeau européen en arrière plan venait rappeler que l'Irlande a les autorités financières mondiales sur le dos. Brian Cowen, le premier ministre, a cependant tenté de montrer son contrôle de la situation, choisissant de lui-même les coupes budgétaires drastiques qu'il a annoncées ce mercredi.Forcées ou volontaires, les réductions sont spectaculaires. Après trois budgets de rigueurs depuis deux ans, qui ont permis d'économiser 14,5 milliards d'euros, Dublin veut doubler la mise, en économisant 15 milliards d'euros sur quatre ans, dont 6 milliards dès 2011. Au total, cela représentera une correction de 20 % du PIB sur six ans! Les deux tiers des nouvelles économies seront effectués par des baisses de dépenses, et un tiers par des hausses d'impôts.Pour arriver à de telles économies, le gouvernement irlandais s'attaque notamment au secteur public : 25.000 fonctionnaires devraient être supprimés, soit 8 % de leur nombre en 2008, même si aucun licenciement sec ne devrait avoir lieu. De plus, les nouveaux fonctionnaires seront embauchés avec des salaires inférieurs de 10 % à ceux pratiqués actuellement. Brian Cowen n'a pas osé toucher une nouvelle fois aux salaires des fonctionnaires existants, qui ont déjà été baissés de 14 % en moyenne depuis deux ans.pari risqué L'autre grande mesure de réduction des dépenses concerne les allocations sociales. La facture doit baisser de 2,8 milliards d'euros, soit 15 % du total. Le gouvernement ne précise pas exactement comment il va s'y prendre, mais il vise en particulier les allocations familiales et les allocations chômage. Enfin, le ministère de la santé va voir son budget très fortement réduit.Du côté fiscal, la réforme de l'impôt sur le revenu (notamment l'abaissement du seuil à partir duquel il doit être payé) doit rapporter 1,9 milliards d'euros. La TVA sera augmenté en 2013, et une taxe immobilière va être introduite.En revanche, le gouvernement irlandais refuse de toucher à l'impôt sur les sociétés, qui demeure à 12,5 %, malgré la pression de l'Europe, et particulièrement de l'Allemagne.Brian Cowen affirme que c'est l'une des seules façons de relancer l'économie. Dans une même logique de relance économique, le salaire minimum est abaissé d'un euro, à 7,65 euros/heure. Selon Dublin, le niveau irlandais, l'un des plus élevés d'Europe, bloque l'emploi des jeunes et des personnes non-qualifiées. Enfin, le budget de l'éducation est protégé, toujours dans un souci de croissance.Le pari de l'austérité n'en demeure pas moins risqué. Pour Alan McQuaid, économiste à Bloxham, une société de courtage, les coupes budgétaires à venir sont beaucoup trop rapides : « on ne peut pas à la fois relancer l'économie et réduire les déficits ». L'agence de notation Standard and Poor's a d'ailleurs abaissé de deux crans de AA- à A et assortie d'une perspective négative, la note de la dette à long terme de l'Irlande ce qui correspond à un emprunteur solide mais suscerptible d'être affecté par des changments économiques.

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