Chantal Jouanno ne digère toujours pas l'abandon de la taxe carbone

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La secrétaire d'Etat à l'Ecologie continue de se poser en défenseure acharnée de la fiscalité verte, au risque de s'opposer frontalement à Nicolas Sarkozy et à des élus de la majorité, « choqués » par sa critique de l'attitude du Medef dans le dossier de la taxe carbone.« Non, je ne laisserai pas faire taire l'écologie. Non, je ne reculerai pas. Non, je ne cèderai pas à la petite musique qui vient dire que l'écologie ça commence à bien faire », a lancé Chantal Jouanno en arrivant jeudi à Toulouse pour le 34e congrès annuel de France Nature Environnement (FNE). Une allusion claire aux propos tenus par le chef de l'Etat le 6 mars au Salon de l'agriculture. « Ces questions d'environnement, ça commence à bien faire », avait dit Nicolas Sarkozy pour apaiser la colère du monde rural sur la taxe carbone.Pour Chantal Jouanno, interrogée jeudi par « Libération », « c'est clair, c'est le Medef qui a planté la taxe carbone ». Le syndicat patronal défendait en effet une fiscalité écologique au niveau européen pour ne pas pénaliser la compétitivité des entreprises françaises, position qui est celle de Nicolas Sarkozy et du gouvernement depuis la défaite de la droite aux régionales. « Le fait de faire un lien avec le Medef me choque profondément », s'est insurgé le patron des députés UMP, Jean-François Copé, sur BFM TV et RMC. « Il s'agit d'un arbitrage qui a été rendu par le président de la République, par le Premier ministre, en liaison étroite avec les députés. »« mea culpa »Devant la plus grande fédération d'associations environnementalistes de France, qui l'a accueillie dans un silence respectueux, Chantal Jouanno a tenu à faire « clairement » son « mea culpa ». « On n'a pas été bons sur ce sujet. [...] Nous n'avons pas assez dit combien les exemples sont là pour démontrer qu'une taxe carbone n'impacte ni la croissance ni les exportations », a dit la secrétaire d'Etat, citant l'exemple de la Suède qui « a mis en place une contribution carbone [depuis 1991 Ndlr] et n'en demeure pas moins l'un des meilleurs élèves de la croissance économique ». « Maintenant que les élections sont terminées, il faut retourner sur le terrain pour faire comprendre cette taxe carbone », a insisté Chantal Jouanno. Rémy J

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