Tchernobyl dévore chaque année 7 % du budget ukrainien

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La somme colossale de 18 milliards de roubles dépensés par l'URSS pour « liquider l'incident » du 26 avril 1986 furent à l'époque considérés comme un des facteurs de l'effondrement du système soviétique. Et la note de la catastrophe de Tchernobyl, il y a vingt-cinq ans ce mardi, a continué à gonfler avec les années. L'énormité du coût est encore visible à l'oeil nu. Une vaste zone de 30 kilomètres de rayon autour de la centrale est totalement inutilisable pour 20.000 ans et 120.000 personnes ont été déplacées. L'Ukraine dépense chaque année entre 5 et 7 % de son budget pour des lignes consacrées à divers programmes liés aux conséquences de l'accident. C'est beaucoup moins que son petit voisin du Nord, le Belarus, qui, selon l'Agence internationale pour l'énergie atomique, y consacrait 22,3 % de son budget en 1991, un taux en régression rapide (6,1 % en 2002). Le gouvernement biélorusse a estimé les pertes à 235 milliards de dollars sur trente ans. L'Ukraine estime avoir dépensé 13 milliards de dollars entre son indépendance en 1991 et 2002. Le ministre ukrainien des Situations d'urgence Volodymyr Kholocha, explique que « le gros des dépenses est lié à la surveillance de la zone d'exclusion et à l'aide sanitaire et sociale envers les victimes qui vivaient à l'époque dans le périmètre contaminé ». La facture a ceci de particulier qu'elle ne décroît pas progressivement avec les années. Il faut au plus vite remplacer le sarcophage construit à la va-vite par les autorités soviétiques en 1986, au lendemain de la catastrophe, pour contenir les fuites radioactives sous des milliers de tonnes de béton. Or des fuites se sont produites ces dernières années et Kiev a fait appel à un consortium formé par Vinci et Bouygues pour bâtir un gigantesque nouveau sarcophage au-dessus de l'ancien. La facture est salée : 740 millions d'euros pour un siècle de tranquillité, paraît-il. Pour faire face aux coûts, le gouvernement ukrainien a fait appel à la communauté internationale à la mi-avril, mais n'a réussi à lever que 550 millions d'euros. Les États-Unis et la France ont été les plus généreux en versant respectivement 84 et 47 millions d'euros.Le plus tragiqueC'est bien sûr le coût humain qui reste à la fois le plus tragique et le plus difficile à chiffrer. Le ministère de la Santé dénombre 100.000 citoyens rendus complètement invalides par la catastrophe. Auxquels il faut ajouter près de 80.000 enfants nés avec des déformations congénitales dans les régions voisines de Tchernobyl et un taux de cancers de la thyroïde qui a été multiplié par dix dans l'ensemble du pays. Rien ne semble pouvoir empêcher la note de s'alourdir.Emmanuel Grynszpan, à Moscou(Voir aussi pages 27, 28 et 31)

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