Le roi tente d'éviter la fracture linguistique en Belgique

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La démission du gouvernement belge, jeudi, était-elle le énième rebondissement d'une crise politique dont les Belges ont l'habitude, en raison du conflit linguistique, ou bien une véritable fracture ? Réponsee;ponse d'ici jeudi, date du nouvel ultimatum pour un retour aux négociations. En cas d'échec, les observateurs annoncent une crise de régime et un point de non-retour. Ce sont les francophones qui sont sous pression : s'ils ne mettent pas rapidement de l'eau dans leur vin, les Flamands passeront en force dans le dossier des droits linguistiques des francophones à la périphérie de Bruxelles. C'est à la demande des partis flamands que le roi Albert II a chargé, samedi, un francophone, Didier Reynders, d'une mission de reprise de contacts. Le ministre des Finances et président du parti libéral francophone (MR) a la responsabilité, selon le palais royal, « de s'assurer dans un très court délai de ce que les conditions sont remplies pour la reprise rapide des négociations ». En clair, Didier Reynders doit battre le rappel côté francophone, quitte à prendre « ses distances avec ceux qui, jusqu'à présent, compliquent le débat », comme l'y invite Steven Vanackere, chef de file du parti chrétien-démocrate flamand CD&V. C'est principalement le président des Fédéralistes démocrates francophones (FDF), Olivier Maingain, dont l'intransigeance et les déclarations exaspèrent les Flamands, qui est visé. course contre la montre Le roi des Belges compte beaucoup sur cette médiation de Didier Reynders. Il garde la lettre de démission d'Yves Leterme sur son bureau et joue la montre pour tenter d'éviter des élections anticipées, à deux mois de la présidence belge de l'Union européenne. Didier Reynders a eu des contacts avec les autres présidents de parti tout le week-end. Il doit ramener tout le monde autour de la table d'ici à jeudi, jour de la prochaine séance plénière de la Chambre des représentants. Cet ultimatum a été fixé par le jeune président de l'Open VLD, Alexander De Croo, qui a claqué la porte de la coalition au pouvoir jeudi, entraînant la démission du gouvernement. Le libéral Flamand se dit ouvert à une reprise des négociations « si ceux qui ont brisé la confiance font un effort pour la restaurer ». Autrement, « les Flamands mettront la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) à l'ordre du jour » du Parlement. Autant dire que les députés flamands, majoritaires, tenteraient de voter en force jeudi la proposition de scinder l'arrondissement de BHV pour mettre fin aux droits linguistiques des francophones, sans contrepartie. Un scénario, inacceptable pour les partis du sud du pays, qui entraînerait une défiance politique sans précédent. « La balle se trouve dans le camp francophone », considère Alexander De Croo, qui s'est placé en maître du jeu.

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