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L'Amérique s'enflamme sur les baisses d'impôts

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Publié le 26 octobre 2010 à 11:02 - Mis à jour le 26 octobre 2010 à 11:02

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La Commission, composée d'experts républicains et démocrates, et chargée de réfléchir à la réduction du déficit budgétaire américain, ne donnera ses recommandations au président Obama que le 1er décembre. Mais déjà, le débat sur le déficit fait rage, à la veille des législatives du 2 novembre. Ce n'est pas tant, d'ailleurs, sur le déficit que les Américains s'empoi- gnent - après tout, même si le trou est de 1.300 milliards de dollars, le phénomène n'est pas nouveau dans l'histoire récente du pays -, c'est sur les réductions d'impôts. Consenties sous l'ère George W. Bush, en 2001 puis en 2003, elles expirent à partir de 2011. Au-delà de la bataille idéologique, les républicains, et désormais, les supporters du mouvement anti-impôts Tea Party, sont, de façon générale, en faveur de la ponction fiscale la plus faible possible, tandis que les démocrates restent partisans d'une redistribution de la richesse via l'impôt sur le revenu, la partie qui se joue présente un dilemme inédit. Faut-il maintenir les cadeaux fiscaux et privilégier ainsi la relance économique, la reprise étant toujours hésitante ? Ou doit-on, au contraire, les laisser expirer, ce qui mettrait sur les rails l'assainissement des comptes publics ? Bref, miser sur le court ou le long terme ? Selon le Congressional Budget Office, un organisme indépendant, le maintien des réductions d'impôts permettrait, en 2011, de dynamiser la croissance du PIB, en ajoutant entre 0,6 point et 1,7 point au taux de croissance, et permettrait également au chômage de refluer. Le taux de sans-emploi reculerait ainsi de 0,3 point ou de 0,8 point l'an prochain. Débat ouvert et compliquéAu contraire, si aucune réduction d'impôts n'était prolongée, c'est le déficit qui rapetisserait : de 9 % du PIB actuellement, il passerait à 3 % en 2013. Le débat est donc ouvert et se complique, en raison de la nature des réductions d'impôts qui sont en jeu. Elles touchent tous les revenus : ceux des ménages qui déclarent moins de 250.000 dollars par an, mais aussi les revenus les plus élevés. Du coup, la bataille porte surtout sur l'intérêt, ou non, de maintenir les réductions d'impôts pour les plus aisés. Selon le « supply-side economic », cher à Reagan, réduire les impôts des plus aisés profite à l'ensemble de l'économie, puisque, avec un pouvoir d'achat encore accru, ces ménages dépensent plus, et par là même, créent des emplois, le tout allant dans le sens d'une expansion, un cercle vertueux de nature à remplir les coffres de l'État, de surcroît. Reste à savoir si cette théorie, toujours en débat parmi les économistes, fonctionnerait en pratique cette fois-ci. Le Prix Nobel d'économie Paul Krugman est allé chercher des réponses chez... Milton Friedman. Selon ce super libéral, les ménages ont tendance à économiser au lieu de dépenser un revenu supplémentaire quant il n'est que transitoire (autrement dit, des réductions d'impôts assorties d'une date limite, comme cela a été le cas pour les cadeaux consentis en 2001 et 2003). Mais cela ne vaut que pour les plus aisés, argumente Paul Krugman. Contraints par des problèmes de liquidité et de difficulté à emprunter, les moins bien lotis n'ont, eux, d'autre choix que de dépenser ces sommes supplémentaires. Ce sont donc ces ménages, soit 60 % à 80 % des contribuables, qu'il faut privilégier. Évidemment, les républicains renâclent - et proposent tout simplement de rendre permanentes les réductions d'impôts... Et voici que, face à la fronde des « tea partiers » et des républicains, les démocrates se disent prêts à transiger. Le vice-président Joe Biden a ainsi laissé entendre au cours du week end passé que la Maison-Blanche pourrait arriver à un accord avec le camp adverse : si les élus républicains, qui menacent de bloquer tout le processus, acceptent de voter le maintien des réductions d'impôts pour la classe moyenne, alors les démocrates seraient prêts à rehausser le seuil de 250.000 dollars afin d'inclure certains ménages dits aisés. Reste donc à définir qui fait partie de la classe moyenne ou haute aux États-Unis. Un beau débat en perspective...

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