2011, l'année où... la croissance s'est retournée

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L'année 2011 aura été pour l'économie française l'année de la rechute. Au début de l'année, l'heure était pourtant à l'optimisme. Sur les trois premiers mois, le PIB connaissait une accélération étonnante : + 0,9 %. En avril, l'OCDE relevait sa prévision de croissance à 2 % « voire un peu plus » et parlait d'une « nouvelle phase de reprise ». Mais c'était sans compter avec la crise de la dette qui a inquiété les marchés, les ménages et les chefs d'entreprise et a pesé sur la conjoncture mondiale. Résultat : l'économie hexagonale a connu un véritable coup d'arrêt dès le deuxième trimestre avec une contraction du PIB de 0,1 %. La croissance du troisième trimestre a été vendredi dernier révisée à la baisse à 0,3 % contre 0,7 %, ce qui représente un acquis de croissance de 1,7 %, mais l'Insee a déjà prévenu que la fin de l'année sera des plus difficiles. L'institut tient même pour certain que le pays n'échappera pas à la récession, c'est-à-dire à six mois consécutifs de contraction de sa richesse nationale, entre le dernier trimestre 2011 et le premier trimestre de 2012.Les enquêtes de confianceC'est que, depuis cet automne, tous les moteurs de la croissance française semblent en panne : l'investissement des entreprises est en recul. Il était au troisième trimestre en baisse de 0,6 %, loin de la hausse de 1,9 % enregistrée au premier trimestre. Et les enquêtes de confiance des entrepreneurs ne laissent guère d'espoir quant à une amélioration rapide. Prudents, les chefs d'entreprise n'ont certes pas encore vidé leurs stocks, mais ils craignent un resserrement du crédit par les banques dans la foulée de la crise de l'euro. Les ménages n'ont, pour leur part, pas cessé de consommer et ils demeurent le pilier principal de la croissance. Mais le mouvement s'affaiblit et, plans de rigueur aidant, la confiance recule. Enfin, la France demeure pénalisée par un déficit commercial considérable qui tend à se creuser (lire ci-contre). Cette situation est d'autant plus préoccupante qu'à la différence de 2009 l'État n'a plus la possibilité de jouer un rôle positif en menant une politique de reprise. L'heure est à l'austérité, à la réduction des avantages sociaux et fiscaux et aux hausses d'impôts (lire ci-dessous). Du coup, la puissance publique pourrait agir en 2012 négativement sur la croissance. C'est dire si la situation de l'économie française est, à la veille de cette année d'élection présidentielle, préoccupante.

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