Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi demandent une révision de Schengen

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Personne ne veut sortir de Schengen mais dans des circonstances exceptionnelles, nous croyons qu'il doit y avoir une modification au Traité ». Après des semaines de tensions entre Rome et Paris à la suite du débarquement d'environ 24.000 Tunisiens sur les côtes italiennes qui ont tenté ensuite de rejoindre la France, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a confirmé que les deux pays entendaient demander une révision du traité de libre circulation. Recevant Nicolas Sarkozy, le président de Conseil a ainsi indiqué qu'une lettre conjointe avait été adressée au président de la Commission européenne José Manuel Barroso notamment pour « examiner la possibilité de rétablir temporairement le contrôle aux frontières intérieures » de l'Union européenne (UE). Et cela « en cas de difficultés exceptionnelles dans la gestion des frontières extérieures communes ». C'est notamment ce que demandait la France qui souhaite pouvoir à l'avenir bloquer à la frontière de Vintimille, les clandestins du sud de la Méditerranée en cas d'arrivée massive depuis l'Italie. « Pour Rome, une modification de Schengen permettrait de bloquer dans certaines circonstances particulière des arrivées depuis la Grèce ou Malte » a confié un collaborateur de Silvio Berlusconi.Solution pragmatiqueConcrètement, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi demandent un renforcement de Frontex, l'agence européenne chargée des questions d'immigration et souhaitent que « l'impulsion politique » soit donnée à l'occasion du Conseil européen de juin prochain. En revanche, les deux dirigeants se sont gardés d'évoquer publiquement le sort des Tunisiens qui ont déjà débarqué en Italie et qui tentent quotidiennement de passer la frontière munis de permis de séjour italiens Schengen valables six mois. Officiellement, la France continue d'exiger qu'ils soient également en possession de ressources financièrement suffisantes à savoir 62 euros par jour. Dans le cas contraire et à la suite d'un contrôle, ils sont renvoyés à Vintimille. D'où, généralement, ils retentent leur chance en direction de Nice, au bout de quelques jours. « La situation va se régler d'une manière pragmatique » confie un diplomate français soulignant que les deux pays veulent tourner la page de cette sulfureuse question. De même que sur les différends concernant la Libye (« je me réjouis de la décision de l'Italie de bombarder » a indiqué Nicolas Sarkozy ou la prise de contrôle de sociétés italiennes par des groupes français avec en toile de fond l'annonce d'une Opa de Lactalis sur Parmalat (voir pages 2 et 3). Le différend sur l'immigration et la Libye a contribué à faire échouer plusieurs accords entre des firmes des deux pays (EDF/Edison, Amundi/Unicredit...Cf. « La Tribune » du 26 avril 2011). Consensuels, les deux responsables ont plaidé pour « la constitution de grands groupes franco-italiens ». Voir aussi l'analyse page 30

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