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Couper les banques en deux ? Le débat se durcit

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Publié le 26 juillet 2012 à 21:02 - Mis à jour le 26 juillet 2012 à 21:02

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Le débat sur la séparation des activités de marchés et des activités de banque de détail se durcit. Alors qu'il semblait passé au second plan, derrière les urgences de la crise de la dette..voilà que les propos de Sandy Weill, l'ex-PDG de Citigroup remettent le feu aux poudres. "Je pense qu'il faut probablement séparer la banque d'investissement de la banque de dépôt", a-t-il estimé sur la chaîne financière CNBC. Le pionnier du gigantisme bancaire se convertit...Il est paradoxal que ce soit l'un des pionniers du gigantisme bancaire qui prenne cette position. Sandy Weill avait fait de Citigroup le numéro un mondial du secteur au début des années 2000 à coups d'acquisitions et notamment de la banque d'investissement Salomon Brothers. Il ne va pas jusqu'à reconnaître qu'il a eu tort de construire un tel conglomérat, mais il  "pense que le précédant modèle était le bon...pour cette époque". Le modèle adapté pour l'époque actuelle serait-il celui de la séparation étanche entre les banques de financement et d'investissement (BFI) et les banques de détail ? Pour Sandy Weill, oui, car il y a trop "d'hostilité à l'égard du système bancaire parmi les régulateurs et la classe politique dans le monde entier". La séparation permettrait en quelque sorte de redorer l'image des banques. Elle permettrait surtout de rassurer. Selon lui : "il faut que les banques (classiques) prennent les dépôts et fassent des prêts commerciaux et immobiliers, fassent des choses qui ne vont pas mettre en danger l'argent des contribuables et les dépôts, ne soient pas trop grosses pour faire faillite", avec un endettement et un effet de levier mesuré, explique-t-il. Des banques d'investissements pourraient ainsi "faire des opérations de marché et ne seraient pas restreintes par des règles comme la règle de Volcker, elles pourraient faire des erreurs", mais elles n'auraient "pas la possibilité de recevoir des aides gouvernementales", a-t-il poursuivi.Il souligne qu'avant la crise "le système était devenu extrêmement interdépendant" entre banques de dépôts et autres institutions financières. "Je pense que nous pouvons avoir une ampleur (d'activités) nécessaire sans qu'elle soit liée aux dépôts", a-t-il conclu.Les banquiers Français radicalisent leurs argumentsLe problème est que ce monde bancaire "idéal" tel que le décrit Sandy Weill n'existe pas selon un grand banquier français.  "Il n'y a pas de possiblité de faire fonctionner une banque de marché seule, sans garantie des Etats". Une BFI isolée serait, selon lui, confrontée à la difficulté d'obtenir une notation financière suffisamment élevée et de maintenir sa crédibilité vis à vis de ses contreparties et autres grandes entreprises.Sans rating solide, une BFI ne peut pas aller sur les marchés. Or, "avec Bâle III (les nouvelles normes prudentielles bancaires), le financement des entreprises passe par le marché", insiste ce banquier. Il souligne par ailleurs que la rentabilité des banques d'investissement telles que Goldman Sachs ou Morgan Stanley a dramatiquement chuté. Le ROE de Goldman Sachs (Return on equity, retour sur fonds propres) s'établit par exemple à 5,4% au deuxième trimestre et à 4% pour Morgan Stanley. Au point que ces banques doivent "faire évoluer leur modèle vers davantage de banque privée", plus rentable.Jouer la corde du patriotisme économique...européenPour convaincre de la validité du modèle de banque universelle, le patriotisme économique est appelé en renfort. "Veut-on préserver des acteurs de marchés dans la zone euro ? ", questionne ce grand banquier français. Si la scission entre BFI et banque de détail, affaiblit les BFI européennes et ne les rend plus capables de contribuer au financement des grandes entreprises, le risque existe que ces dernières se tournent plutôt vers d'autres banques britanniques, américaines et un jour chinoises, estime-t-il.Le choix du modèle bancaire pourrait donc avoir des conséquences sur le rayonnement économique de l'Europe. "L'Europe doit veiller à avoir un minimum d'impact vis-àvis du reste du monde", affirme ce même banquier. C'est désomrais sous l'angle du leadership économique que les banquiers semblent avoir décidé de placer le débat, alors que jusqu'alors ils privilégiaient les explications techniques et juridiques.Les arguments technico-juridiques des banquiersDans un entretien avec La Tribune en avril,  François Pérol, le président du directoire de BPCE s'était livré  à une comparaison des réformes envisagées en Grande-Bretagne (réforme Vickers) et aux Etats-Unis (loi Volcker) pour considérer qu' " il serait possible, en revanche, d'adapter une règle Volcker en France, qui conduirait les banques à se concentrer sur les activités de clientèle, c'est-à-dire l'épargne, le prêt aux entreprises et aux particuliers, mais aussi les activités de marché pour le compte des clients, qu'il s'agisse de grandes entreprises, de collectivités locales ou même de l'Etat".Il précisait d'ailleurs que "la réduction du risque ne passe pas par une séparation des activités mais par une capitalisation adéquate, par une gestion prudente des liquidités et par une supervision forte. Rien ne remplace ces trois éléments. Ce n'est pas parce que vous aurez séparé, cloisonné les activités, que vous éviterez le risque de faillite. D'ailleurs les banques britanniques Northern Rock et Bradford & Bingley, qui ont fait faillite pendant la crise de 2008, étaient uniquement des banques de détail. Quant à Lehman Brothers, elle était exclusivement une banque de financement et d'investissement"L'optimisme est-il toujours de mise ?En juin, le président de la Fédération bancaire française, Frédéric Oudéa, par ailleurs Pdg de Société Générale, affichait encore un relatif oprimisme par rapport à l'éventuelité d'une séparation des activités bancaires. " Quant au cloisonnement des activités, j'ai l'impression en ce début du mois de juin qu'aucun pays ne va mettre en oeuvre un Glass-Steagall Act qui conduirait à une séparation stricte entre les métiers de banque de dépôt et de banque d'investissement, ni au Royaume- Uni, ni aux États-Unis, ni à mon avis en Europe" (La Tribune Hebdo du 15 juin).Mais cet optimisme est-il toujours de mise ? Alors que les scandales bancaires se mutliplient (affaire du Libor pour Barclays, affaire de blanchiment pour HSBC...) Le ton général semble se durcir. Le revirement radical de Sandy Weill en est l'illustration.  "Je veux que nous soyons un pays leader et ce que nous faisons maintenant ne va pas aider les Etats-Unis à être un leader bancaire", a-t-il justifié mercredi 25 juillet, affirmant qu'il avait viré de bord sur la question des banques universelles parce que "les temps ont changé".

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