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Le "crédit conso" poursuit sa descente aux enfers

La Tribune

Publié le 26 septembre 2013 à 21:02 - Mis à jour le 26 septembre 2013 à 21:02

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05 juin 2026

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Il ne fait pas bon être spécialisé dans le crédit à la consommation, depuis quelques années. Au cours des six premiers mois de l\'année 2013, la production de nouveaux crédits à la consommation a fléchi de 2% en France, à 17,3 milliards d\'euros, selon les données publiées le 26 septembre par l\'Association française des sociétés financières (ASF). Cela fait maintenant quatre semestres que le \"crédit conso\" n\'en finit plus de baisser.Résultat, la production de nouveaux crédits n\'excède pas 35,3 milliards d\'euros sur les douze derniers mois, soit une dégringolade de 22% par rapport à son record historique de l\'année 2008 (45 milliards d\'euros). Le secteur a perdu 2.000 emplois depuis 2010Certes, la conjoncture macro-économique explique en partie ces contre-performances. En ces temps de chômage galopant, les ménages y réfléchissent à deux fois avant de contracter un crédit pour financer l\'achat d\'une voiture ou s\'équiper d\'une nouvelle cuisine. Mais le durcissement de la réglementation y est pour beaucoup, lui aussi.La loi Lagarde de juillet 2010, destinée à mieux protéger les consommateurs contre le surendettement, a porté un rude coup à l\'activité des établissements spécialisés dans le crédit à la consommation : depuis, 4 millions de comptes de crédit renouvelable - sur un total de 20 millions environ - ont été fermés, et le secteur du \"crédit conso\" a perdu 2.000 emplois. Le vote final du projet de loi Hamon devrait intervenir fin 2013 Des chiffres qui risquent d\'augmenter encore, en raison du projet de loi Hamon sur la consommation, redoute l\'ASF. Adopté en première lecture par le Parlement cet été, ce texte - dont le vote final devrait intervenir fin 2013 ou début 2014 - prévoit notamment de ramener de 2 ans à 1 an le délai de résiliation automatique des comptes de crédits renouvelables non utilisés par leurs détenteurs. Mais également de réduire de 8 ans à 5 ans la durée maximale des plans conventionnels de redressement. Ceux-ci permettant à une personne surendettée de négocier avec ses créanciers pour rétablir sa situation financière, les établissements de crédit redoutent que le raccourcissement de leur durée ne les expose à davantage de risques d\'impayés. Des mesures « très invalidantes » pour le crédit à la consommation Les pouvoirs publics \"rajoutent une couche de réglementation avant même que toutes les mesures de la loi Lagarde aient produit tous leurs effets\", regrette Eric Spielrein, vice-président de l\'ASF. Celui qui est par ailleurs secrétaire général de RCI Banque, la filiale de crédit automobile du groupe Renault, dénonce ainsi \"des mesures très invalidantes pour le crédit à la consommation.\" \"Il faut un projet de loi équilibré entre la protection du consommateur français - déjà l\'un des plus protégés d\'Europe - et la préservation de l\'emploi dans notre secteur\", renchérit Philippe Dumont, président de l\'ASF et directeur général de Crédit Agricole Consumer Finance. Rester un établissement de crédit ou devenir une société de financement ? Et, comme si les contraintes règlementaires n\'étaient pas suffisamment nombreuses, voilà à présent les acteurs de crédit à la consommation aux prises avec Bâle III, la future règlementation relative au renforcement des fonds propres des banques. Dans le cadre de la transposition en droit européen de Bâle III, qui interviendra le 1er janvier 2014, les sociétés françaises de crédit à la consommation devront choisir entre deux statuts. Soit elles garderont celui d\'établissement de crédit, soit elles opteront pour le nouveau statut de société de financement. Le premier leur permet de se refinancer auprès de la BCE (Banque centrale européenne) mais les contraint à respecter Bâle III à la lettre, une tâche compliquée pour les nombreuses sociétés de crédit à la consommation qui ne collectent pas de dépôts. Le second statut est, de ce point de vue, mieux adapté aux acteurs du crédit conso, mais ne leur donne plus accès au guichet de la BCE. Autrement dit, il s\'agit de choisir entre le marteau et l\'enclume.

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