"José Manuel Barroso n'a jamais dit que la France était réactionnaire"

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Pensez-vous comme José Manuel Barroso que ce conflit entre Paris et Bruxelles sur l\'exception culturelle est \"complètement artificiel\"? J\'étais encore ce matin avec José Manuel Barroso pour un mini sommet qui s\'est achevé sur le Budget européen. Il n\'a jamais dit que la France était réactionnaire. Tout est parti d\'un article du Herald Tribune puis d\'une dépêche de l\'AFP. Déontologiquement la Commission européenne ne doit jamais s\'attaquer à un pays en tant que tel. Il peut y avoir des divergences, certes, mais pas d\'attaques. C\'est d\'autant plus absurde que le Portugal (pays d\'origine de José Manuel Baroso, ndlr.) a toujours défendu l\'exception culturelle. Lorsque j\'étais ministre des Affaires européennes, quand il a été question de l\'introduction de l\'exception culturelle dans les accords de Marrackech (instituant l\'OMC, ndlr.), José Manuel Barroso, qui était alors le ministre portugais des Affaires étrangères soutenait la position française. Pourquoi cette question de l\'exception culturelle a-t-elle tourné au vinaigre?Il existe des divergences sur ce que nous attendons d\'un accord de commerce avec nos autres partenaires, comme dans l\'accord de libre-échange que nous négocions avec les Etats-Unis. Dans toute l\'Europe du Nord et dans les milieux communautaires, la frilosité française détonne et navre. La première préoccupation des Français est d\'être défensifs, que ce soit pour la culture, l\'agriculture ou encore l\'industrie. \"Il faut se protéger\", estiment les Français. Pourtant, le premier moteur de la croissance est à l\'étranger, dans les pays émergents et même aux Etats-Unis. Il faut donc aller ouvrir les marchés des autres. Toute la Commission européenne se situe du côté de ceux qui voient le commerce international comme une opportunité plus qu\'un enjeu. José Manuel Barroso a laissé entrevoir la possibilité que le secteur de l\'audiovisuel fasse partie des négociations entre l\'UE et les Etats-Unis si Barack Obama le souhaite. La question de l\'exception culturele n\'est-elle donc pas complètement réglée?De ce côté, vous pouvez être tranquille. Lorsque le Traité de Lisbonne a été rédigé, avec ma modeste contribution, nous avons introduit une clause selon laquelle les négociations commerciales internationales donnent lieu à un accord à la majorité pour les gouvernements sauf sur la culture. Si un pays estime qu\'il y a danger, il peut utiliser son droit de veto. Or tout le monde sait que la France utiliserait son droit de veto si la question revenait sur le tapis. Il n\'y a donc pas d\'inquiétude à avoir. 

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