Stéphane Soumier, animateur de « Good Morning Business » tou...

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Stéphane Soumier, animateur de « Good Morning Business » tous les matins de 6 heures à 10 heures sur BFM, nous propose son bloc-notes de la semaine. STAYING ALIVE« Finalement, on est toujours vivants. » C'est une formule d'un dirigeant qui m'est le plus précieux pour décoder le rythme quotidien de l'économie, qui me donne la tonalité de cette fin d'année. Il gère certaines des belles fortunes de France, et je sais qu'à un moment il a cru tout perdre. Très exactement dans le courant du mois d'avril. Après avoir touché ses plus-bas, le CAC s'était redressé, timidement, mais semblait soudain vouloir redescendre, crever à nouveau les planchers. Je lui posais la question de savoir jusqu'où l'on pouvait aller, il répondait « théoriquement? zéro », et je sentais bien que ça n'était pas forcément une plaisanterie. D'ailleurs, pour résumer cette année, un chef d'entreprise prendra devant moi l'image d'un accident de la route : « On perd le contrôle, on part en tonneau, tout s'arrête une seconde et puis on se retourne, et l'on réalise que tout le monde est encore là. » Je crois sincèrement que c'est le sentiment de beaucoup d'entre vous. Dit brutalement, ça se résume à : « On s'attendait à pire. » Et c'est finalement ça qui permet de rester optimiste pour les premiers mois de l'année. Parce que des mesures de réduction de coûts sans précédent ont été prises très vite, beaucoup d'entreprises se sentent agiles comme jamais, du moins c'est comme ça que les dirigeants le racontent. En revanche, ils balayent tous nos espoirs sur l'emploi : « On va vivre en temps réel les problèmes de flexibilité du travail, explique un patron de société de service informatique, impossible, mais vraiment impossible, de prendre le risque d'embaucher dans ce contexte. Parce qu'une embauche, c'est un risque, pas une opportunité, le drame national, il est là. » ZAPPINGQuelques images de l'année. Une phrase de Gérard Larcher, le président du Sénat : « Comprenez bien qu'il n'y a plus que nous, les hommes politiques, pour tenir la baraque. Dieu sait que j'aime le marché, mais, là, c'est à l'État d'occuper toute la scène. » Le patron d'une boîte de conseil, au printemps dernier : « On s'était retrouvés piégés par notre trésorerie, on a demandé un remboursement de TVA en urgence, 28.000 euros, ils ont été crédités en deux semaines, et je crois que ce jour-là, le fisc a sauvé la boîte. » Il marque un temps : « Faut vraiment que ce soit la crise, non ?  » Éric Woerth, évidemment, dont j'apprécie énormément le franc-parler : « J'ai une tête de comptable, dit-il, c'est mon atout, ça rassure. » Vincent Leclabart, le publicitaire : « Nous entrons dans l'ère de la ?satiété? de consommation. Et puis Didier Lombard, parce que j'ai eu la chance de pouvoir longtemps discuter avec lui avant la crise qui a dévasté son entreprise. En relisant mes notes, j'ai retrouvé une phrase qu'il répétait régulièrement quand on exprimait des doutes sur sa stratégie : « Vous avez déjà visité une maison en chantier, personne n'a envie d'y habiter. Seul l'architecte est capable de lire les plans. Croyez-moi, je sais où je vais. » Le sait-il encore ? nle bloc-notes de stéphane soumie

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