Accès à l'électricité : tous les Français ne sont pas égaux

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Les mots sont durs. Commentant l\'étude dévoilée vendredi par l\'association UFC Que choisir qu\'il préside, Alain Bazot  a estimé que la qualité de la distribution d\'électricité était en France «  inefficace, injuste, coûteuse ». Si l\'association se réjouit de la diminution du temps moyen annuel des coupures -  qui avait augmenté de 50 à 200 minutes entre 2002 et 2009 pour retomber à 73 minutes en 2011 -, elle relativise cette bonne nouvelle pour le consommateur. \"C\'est une baisse en trompe-l\'oeil\", martèle Alain Bazot, ce chiffre moyen occultant  de fortes disparités régionales. AInsi,  dans certains départements, comme la Dordogne ou le Morbihan, le temps cumulé des coupures a été supérieur à trois heures. Autre problème soulevé par UFC Que choisir, la situation s\'est dégradée .Des investissements divisés par deuxPour expliquer ce double phénomène, l\'association de consommateurs évoque la division par deux des investissements d\'EDF entre 1992 et 2004. « Même s\'ils ont repris récemment, les investissements restent insuffisants. Les 826 millions d\'euros investis en 2012 sont encore très en deçà des besoins, évalués, au dire même d\'EDF, à 2 milliards par an jusqu\'en 2020\", précise l\'association. \"Comment ne pas s’étonner d’un tel chiffre alors les consommateurs paient déjà 1,9 milliard d’euros au titre de la taxe sur la consommation finale d’électricité, somme collectée par les communes, mais qui n’est pas forcément affectée au réseau électrique ?\", s\'interroge-t-elle, regrettant que l\'indemnisation des victimes des coupures ne soit  pas suffisamment incitative. Pour corriger ces défaillances, UFC Que choisir réclame une transparence accrue et de nouveaux mécanismes d\'incitation.Les mécanismes d\'incitation à l\'investissement mis en cause\"Ce sous-investissement dans la qualité du réseau est dû à la trop grande faiblesse des deux mécanismes d’incitation existant en France. Le dispositif de Bonus/Malus de la Commission de régulation de l\'énergie [CRE] se base principalement sur une moyenne nationale du temps de coupure sans prise en compte des disparités territoriales. En 2011, ERDF a ainsi obtenu un bonus de 7,5 millions d’euros malgré la fracture territoriale déjà décrite. De même, si ERDF doit compenser financièrement les coupures très longues, le niveau de compensation est aujourd’hui trop faible [moins de 10 euros pour 48 heures de coupure continue] pour l’inciter à améliorer le réseau, mais aussi pour indemniser le préjudice subi par les clients. Comparativement, nos voisins Italiens ou Suédois obtiennent des indemnisations 10 à 15 fois supérieures sur un temps comparable\", précise l\'association. ERDF, qui assure la distribution sur 95 % du territoire, a réagi à cette étude. La filiale d\'EDF a notamment rappelé que ses investissements de maintenance était en hausse depuis trois ans et que, malgré les nombreux aléas climatiques observés l\'an dernier, elle avait réussi à stabiliser le temps moyen de coupure. ERDF n\'a pas non plus oublié de rappeler que le rapport annuel de la Cour des comptes la considérait comme le distributeur le plus performant d\'Europe, précisément sur ce critère des coupures. C\'est en effet le cas. Mais les Sages de la rue Cambon avaient aussi précisé que \"les besoins d’investissements sur le réseau de distribution augmenteront dans les années à venir pour maintenir le niveau de qualité de l’électricité  et moderniser le réseau. Pour répondre à ces besoins, les moyens existants devront d’abord être optimisés, notamment la coordination des investissements d’ERDF - environ 3 milliards d\'euros en 2011 - et des autorités concédantes (environ 1 milliard). Des financements supplémentaires devront ensuite être trouvés pour faire face aux besoins du réseau de distribution d’électricité\", expliquaient-ils.

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