Polémiques autour du déménagement du Cnes

C'est le dossier du moment qui déchire le monde de l'industrie spatiale européenne : le regroupement des activités Lanceur du Centre national d'études spatiales (Cnes), et de ses quelque 300 salariés, et de celle de l'Agence spatiale européenne (ESA), soit une centaine de personnes, au sein d'un même site. Il a aussi été demandé à la société de commercialisation des lanceurs Ariane 5, Soyuz et Vega, Arianespace de se joindre au mouvement. L'immeuble de plus de 19.000 mètres carrés est déjà choisi dans le XIIe arrondissement parisien, rue Jacques-Hillairet, près de Bercy.A priori, la décision du gouvernement français de rapprocher les deux directions à la suite du rapport remis au Premier ministre sur les lanceurs européens (mai 2009) semble frappée au coin du bon sens, notamment en favorisant les synergies avec la création d'un centre européen des lanceurs. Sauf que le coût de ce regroupement en fait reculer quelques-uns, à commencer par Arianespace. Les actionnaires de la société européenne semblent très réticents à cette opération au moment où les crédits dédiés à la politique spatiale européenne risquent de pâtir sérieusement des réductions budgétaires lancées par les principaux contributeurs (Allemagne, France Grande-Bretagne et bientôt l'Italie).« Énormes pressions »Selon plusieurs sources concordantes, le déménagement d'Arianespace (300 personnes), qui a enregistré une perte de 71,2 millions d'euros en 2009 et qui prendrait 40 % des coûts, entraînerait un coût récurrent annuel de 1,5 million d'euros par rapport à l'actuel site d'Evry, ainsi qu'un coût non récurrent (déménagement, coût social, travaux d'aménagement...) évalué entre 7 et 11 millions d'euros. Aussi, les principaux actionnaires privés d'Arianespace, notamment Astrium, Safran et Avio s'y opposent. « Pas question, explique-t-on à ?La Tribune?, à l'heure où d'énormes pressions s'exercent sur nos activités pour en réduire les coûts et que de nombreuses entreprises du secteur, pour faire des économies, quittent Paris pour s'installer en banlieue. » Pour le Cnes, dont la direction Lanceur est à Evry (300 personnes), le loyer doublerait.Pourquoi ne pas regrouper alors toutes les activités Lanceur en banlieue ? Impossible, les personnels de l'ESA ne peuvent pas être transférés en dehors de Paris, selon un traité qui lie la France à l'ESA.

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