Ed Miliband critique l'excès d'austérité du cabinet Cameron

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Les Britanniques ont désormais un vrai choix politique. Pour son premier grand discours, Ed Miliband, le nouveau leader du Parti travailliste élu samedi dernier, a exposé ses profondes différences avec le gouvernement de coalition de centre-droit, principalement sur la réduction du déficit. « Nous ne devons pas aggraver la situation en réduisant le déficit à une telle vitesse et de telle façon que cela mette en danger la reprise. » Caricaturé par ses opposants comme le partisan d'un fort virage à gauche, le jeune leader de 40 ans, a démenti. Il affirme clairement que la réduction du déficit est nécessaire, pour obtenir une « crédibilité fiscale » auprès du grand public. Mais il s'en tient aux promesses du gouvernement travailliste de Gordon Brown : diviser par deux le déficit (aujourd'hui de 11 % du PIB) en quatre ans. En comparaison, le gouvernement actuel veut le supprimer d'ici à 2015. « La croissance est notre priorité. (...) Quand vous supprimez des milliers de nouvelles écoles, ce n'est pas seulement mauvais pour nos enfants, c'est aussi mauvais pour les entreprises de BTP alors que leurs carnets de commandes sont vides. C'est irresponsable. »Ligne directriceCe premier discours, prononcé à Manchester lors du congrès annuel du Parti travailliste, était essentiel pour Ed Miliband. À 40 ans, n'ayant été que ministre de l'Environnement, il est peu connu du grand public britannique. Son frère aîné, David, qu'il a battu de justesse pour prendre la direction du parti, lui fait encore de l'ombre. Ed Miliband a fixé sa ligne directrice : un renouveau du parti. Il affirme représenter une « nouvelle génération », qui n'hésite pas à critiquer les treize années de Tony Blair et Gordon Brown. La guerre en Irak ? « C'était une erreur. » La dérégulation financière ? Les travaillistes auraient dû y mettre fin. Il se dit aussi en faveur du « salaire minimum de vie (« living wage  »), dont le niveau serait supérieur au salaire minimum. Légèrement plus à gauche que ses prédécesseurs, il rejette pourtant l'étiquette « d'Ed le Rouge » que la presse de droite lui a attribué. Pour cela, il lance un avertissement aux syndicats, s'opposant dès maintenant « aux grèves irresponsables » : « Le public ne les soutiendrait pas. Je ne les soutiendrais pas. » Pour lui, élu à la tête des travaillistes grâce aux voix des syndicats (son frère a remporté plus de voix auprès des membres du parti), se détacher d'eux est essentiel. S'il y parvient, il a une chance que sa prédiction se réalise : « Nous entamons un voyage pour revenir au pouvoir. Mais ce sera un long voyage. » n

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