Un pavillon français de catégorie modeste

En jupe gris acier et veste fuchsia, une vingtaine de jeunes chinoises, alignées devant la reproduction de la façade du Théâtre olympique de Vicence, attendent le verdict de la styliste envoyée par Prada : quelques heures avant l'ouverture de l'Expo de Shanghai 2010, la célèbre marque qui fournit les uniformes des hôtesses du pavillon italien, fait la chasse aux derniers faux plis. À quelques mètres de là, devant un pavillon français à la touche classique, conçu par l'architecte Jacques Ferrier, rafraîchi par la présence d'un jardin suspendu, de jeunes Shanghaiennes en salopette tricolore écoutent attentivement les derniers conseils. « On attend de vous que vous soyez élégantes : vous travaillez pour la France », leur répète un jeune organisateur dans un mandarin parfait. Avant que l'événement débute, c'est le financement du projet qui fait l'objet des discussions. À l'exception de quelques piliers, qui ont accepté d'apporter leur contribution au pavillon français (Lafarge, Michelin, Sanofi, LVMH), mais aussi de Dassault Systèmes qui a réalisé la visite virtuelle en trois dimensions du pavillon plus vraie que nature ou encore de L'Oréalcute;al, c'est surtout l'argent du contribuable français qui a permis la construction du pavillon tricolore, à hauteur de 30 millions d'euros contre 10 issus du privé. Initialement, José Frèches avait tablé sur la parité entre privé et public. « La crise est passée par là, et même pour une grande entreprise, il n'est pas aisé de sortir 1,5 million d'euros », se défend un industriel français. « C'est la première fois que la France faisait appel au mécénat pour une exposition universelle : les entreprises n'ont pas perçu quel était leur intérêt », relativise José Frèches, président de la Compagnie française pour l'Exposition, un peu chiffon tout de même par ce manque de réactivité des entreprises. Une discrétion qui s'inscrit en droite ligne avec les médiocres performances commerciales de la France dans le pays. Sa part de marché reste figée à 1,3 % (loin derrière l'Allemagne), et une 14e place seulement en tant qu'investisseur étranger. À l'heure du réchauffement des relations entre Paris et Pékin, les politiques, eux, se montrent plus enthousiastes : après Nicolas Sarkozy, attendu vendredi en compagnie d'Alain Delon, Martine Aubry se rendra à Shanghai en début de semaine prochaine. Gérard Larcher et Bernard Accoyer, présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, ont aussi prévu de faire le déplacement. Frédéric Mitterrand et Jack Lang viendront le 21 juin, à l'occasion de la fête de la musique qui coïncidera avec la Journée de la France. Enfin, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui a posé en évidence sur son bureau parisien du Sénat la reproduction des pavillons français et chinois, fera lui aussi le voyage. « La ville du XXIe siècle va s'inventer à Shanghai », promet-il.

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