« 7 % de la récolte française a changé de main en une seule journée »

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michel portier, directeur général d'agritelL'envolée des cours du blé de 35 % en un mois vous semble-t-elle rationnelle??Rationnelle, pas forcément. En revanche on peut l'expliquer?! En raison de la sécheresse, les pays de la mer Noire vont avoir très peu de blé à exporter cette année, ce qui favorise le blé français, principal concurrent de la mer Noire pour les appels d'offres de l'Afrique du Nord. Du coup, certains industriels sont intervenus à l'achat pour couvrir leur risque de prix. Certains producteurs, qui avaient déjà vendu leur production sur le marché à terme, ont aussi racheté leurs positions, pour profiter de l'envolée des prix.Les intervenants financiers ont-ils participé à ce mouvement haussier??Oui, on a vu arriver des fonds anglo-saxons, et c'est une première. D'ordinaire, ils se consacrent plutôt au marché américain où il y a plus de liquidités?; mais le contrat sur le blé a vraiment franchi un cap. Avec des records de volume notamment la semaine dernière?: 50.000 lots ont été échangés en une seule journée. Cela représente 7 % de la récolte française qui change de main en une seule journée, c'est du jamais-vu. L'autre fait marquant, c'est que la tendance du contrat de blé américain est dictée par les cours parisiens. Quand la Chicago Board of Trade ouvre, elle suit l'orientation de la place parisienne ouverte depuis plusieurs heures. Les Américains en sont tout étonnés?!Quel peut être l'impact de cet épisode pour les marchés à terme agricoles??Le marché est en train de prendre en compte le fait que les équilibres évoluent, notamment sur le blé. La production et la consommation se sont déplacées vers l'Est, avec le rôle croissant des pays proches de la mer Noire. La tendance devrait se poursuivre avec l'émergence de nouveaux acheteurs comme la Chine dans les prochaines années. En revanche, on ne manquera pas de blé à court terme?: les stocks sont importants, même s'ils sont inégalement répartis. Les États-Unis détiennent la moitié du stock total de blé.Propos recueillis par A. R.

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