Le ciel se voile pour les filiales des banques françaises

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Dans l'ensemble, les résultats des deuxième trimestre et premier semestre 2010 des quatre grandes banques françaises sont bons. Sur les six premiers mois de l'année, et comparé à la même période un an plus tôt, BNP Paribas, Crédit Agricolegricole, Natixis et Société Généralecute; Générale ont respectivement enregistré une hausse de leur PNB (produit net bancaire) de 16,6 %, 19,4 %, 27 % et 24,8 %. Celle-ci s'est accompagnée d'une baisse du coût du risque, notamment pour BNP Paribas (- 53,2 %) et Natixis (- 83 %).Résultats « à relativiser »Sur le métier de gestion d'actifs, les comptes semestriels des filiales de ces établissements sont aussi dans le vert. Dans un contexte de marché plus difficile qu'en 2009, Amundi, société de gestion détenue à 75 % par la Banque verte et à 25 % par Société Généralecute; Générale, a vu son PNB progresser de 15,9 % au 30 juin 2010 par rapport au 30 juin 2009, contre 29,80 % pour BNP Paribas Investment Solutions et 8,80% pour Natixis Global Asset Management (Ngam). Preuve que ces activités sont encore rentables.Cette hausse du PNB s'explique, en partie, par une croissance des actifs sous gestion des trois sociétés de gestion sur la période (voir ci-dessus) et non par une hausse du taux de commissionnement. A noter que pour Amundi et BNP Paribas Investment Partners, les encours ont aussi gonflé avec l'apport des actifs de Sgam dans Amundi, et de Fortis IM pour BNPP IP.« Il faut relativiser ces bons résultats, souligne Vincent Lefevre, associé chez Eurogroup Consulting. Si les encours et les PNB sont en hausse, les coûts maîtrisés d'où des coefficients d'exploitation en légère baisse, du côté de la collecte les résultats sont loin d'être satisfaisants. » Seule Amundi affiche une collecte nette de 2,4 milliards d'euros sur les six premiers mois de l'année, principalement sur de l'obligataire. Ce n'est pas énorme, mais c'est mieux que les décollectes nettes de 8 milliards d'euros pour Ngam et de 13,2 milliards d'euros pour BNPP IP dont 5,2 milliards d'euros d'un client qui a décidé de réinternaliser sa gestion. Les sorties de fonds se sont principalement concentrées sur les supports monétaires du fait de leur faible rendement. Au premier semestre 2010, l'Efama (European fund and asset management association) note que 90 milliards d'euros sont sortis des fonds monétaires européens. L'impact sur le PNB est minime, cette classe d'actifs étant la moins rémunératrice. « Cette décollecte, observée en fin de semestre, et à laquelle s'est ajouté un violent retournement des marchés actions en mai qui a effacé une grande partie des gains du début d'année, a été compensée en partie par un effet change favorable aux sociétés de gestion présentes notamment aux États-Unis en raison de l'appréciation du dollar face à l'euro », indique Vincent Lefevre. C'est le cas de Ngam dont les structures outre-Atlantique ont fortement contribué à la hausse de ses revenus. L'international est d'ailleurs présenté comme une source de revenus.Problèmes structurelsSi les acteurs ont retrouvé des bases d'encours saines, ces résultats montrent que les problèmes structurels de l'industrie de la gestion d'actifs, comme la saturation du marché français ou la décollecte, ne sont pas totalement résolus. Le manque d'orientation des marchés d'actions depuis quelques mois, un horizon économique loin d'être dégagé, pourraient entraîner la poursuite des rachats au second semestre. Dans ce cas, cela impactera les revenus. Les objectifs que certains s'étaient fixés pour l'année deviendraient difficiles à atteindre.

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