L'appétit des investisseurs pour les titres d'état américains se confirme

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TAUXMalgré une semaine chargée en émissions et la clôture du programme d'achat d'obligations d'État de la Fed, les titres de dette américains à long terme ont progressé sensiblement, signalant une demande toujours soutenue des investisseurs. Alors que le Trésor américain a placé un nouveau montant record de 123 milliards de dollars d'obligations, le rendement du titre à 10 ans, qui évolue en sens inverse des prix, a glissé hier sous les 3,4 % pour la première fois depuis le 22 septembre, avant de se stabiliser en fin d'après-midi autour de 3,5 %. Soit 7 points de base de moins qu'en début de semaine.Favorisé par des indicateurs de confiance des consommateurs et de ventes de logements neufs mitigés, ce mouvement a été partiellement enrayé hier par les bons chiffres du PIB américain, supérieurs aux attentes. Le résultat des adjudications du Trésor a néanmoins confirmé l'appétit des investisseurs pour les titres américains. Les 41 milliards de dette à 5 ans émis mercredi ont ainsi été sursouscrits plus de 2,6 fois pour la première fois depuis octobre 2007. L'extinction du programme de la Fed, qui a finalisé hier les 300 milliards de dollars d'achats d'obligations d'État, n'aura pas pesé sur la psychologie des marchés. « Ce programme n'a pas eu d'impact direct sur l'équilibre entre l'offre et la demande, mais il a eu une incidence sur les anticipations des opérateurs concernant la courbe des taux », explique Philippe Waechter, économiste chez Natixis AM. « La Fed a montré qu'elle était présente sur le marché par le seul fait qu'elle se disait acheteuse. La communication est un mode d'intervention clé pour l'institution, davantage que les volumes effectivement achetés », estime de son côté Nicolas Forest, stratégiste taux chez Dexia AM. demande des ménagesLe programme avait permis dès son annonce, le 18 mars dernier, de faire baisser de 50 points de base le taux à 10 ans. Et l'ombre de la Fed sur le marché avait permis d'éviter que le rendement ne s'envole au-delà du seuil de 4 % en juin et en août dernier. La demande des banques et des ménages américains explique la bonne tenue des taux. Selon les derniers chiffres de la Fed, les ménages américains détenaient plus de 600 milliards d'obligations d'État au 30 juin, contre seulement 240 milliards un an plus tôt. De leur côté, « les banques ont intérêt à faire de la transformation en achetant des titres longs et en se refinançant à court terme à un coût quasi nul », explique Philippe Waechter. « On est dans une situation où les banques et les ménages retrouvent un rôle qu'ils n'ont plus eu depuis très longtemps. Si cette configuration perdure, les taux longs américains ne devraient pas bouger à la hausse trop rapidement », conclut-il. Julien Beauvieux

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