Merkel et Sarkozy recyclent les vieilles idées du FMI

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« Aujourd'hui, lorsqu'une nation est sur le point d'exploser financièrement, nous n'avons que deux options guère réjouissantes : soit leur accorder des prêts sans garantie de succès, soit les pousser vers un défaut catastrophique. Pour aller vers un monde qui permette de prévenir les crises avant qu'elles ne surviennent, il nous faut développer un processus clair et prévisible pour les nations arrivant au point où leur dette devient insoutenable. » À qui doit-on ce constat ? À Nicolas Sarkozy ? À Angela Merkel ? Ni à l'un, ni à l'autre, mais à Paul O'Neill, Secrétaire au Trésor de George W. Bush dans un discours prononcé devant un parterre de banquier en septembre... 2002. L'histoire ne se répète pas. Mais il lui arrive de bégayer. Les difficultés que rencontrent aujourd'hui la Grèce, l'Irlande, le Portugal ou encore l'Espagne, ne sont pas sans précédents. À la fin des années 1990, la crise asiatique avait contraint le FMI a multiplier les plans de sauvetages pour rassurer des marchés doutant de la solvabilité des pays émergents.Électrochoc Ces plans ont relativement bien fonctionné, au prix d'une gigantesque casse sociale, jusqu'à la faillite, fin 2001, de l'Argentine. Ce défaut, le plus important de l'histoire (140 milliards de dollars) avait agi comme un véritable électrochoc. Le FMI, sous la houlette de sa directrice adjointe Anne Krueger, avait ressorti des cartons l'idée d'un mécanisme de restructuration de la dette des États. Le Fonds monétaire international avait alors travaillé dans deux directions qui rappellent les deux pistes envisagées successivement par Angela Merkel. La première visait la création d'un tribunal international des faillites permettant à un État surendetté de se mettre sous sa protection afin de négocier une restructuration de sa dette avec ses créanciers. « Cette idée a finalement été écartée en raison de l'hostilité de Wall Street, des pays émergents concernés et des difficultés qu'entraîneraient une modification de la charte du FMI pour mettre en place un tel tribunal », explique Jérôme Sgard, chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (Ceri). L'autre piste aujourd'hui reprise par la chancelière allemande concerne les clauses d'action collectives (CAC). A l'époque, le FMI avait donc concentré ses efforts sur l'introduction de telles clauses dans les émissions obligataires des pays émergents, permettant ainsi à une supermajorité de créanciers d'imposer à tous les détenteurs de dette une restructuration. Mais le FMI n'avait pas jugé bon d'imposer les mêmes règles à tout le monde, tant la faillite d'un pays développé semblait saugrenue. Une lacune que l'Union européenne va devoir rapidement corriger. A noter qu'aujourd'hui, toutes les émissions obligataires des pays émergents sont assorties de CAC. Xavier Harel

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