« Il faut préserver l'autonomie de gestion de l'Unedic »

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Geoffroy Roux de Bézieux, président de l'UnEdicQuelles sont les perspectives financières du régime d'assurance chômage??Les prévisions présentées au bureau de l'Unedic le 14 octobre sont un peu plus optimistes que celles réalisées avant l'été et qui tablaient sur un déficit cumulé de 18 milliards d'euros fin 2013. Aujourd'hui, avec des hypothèses de croissance de ? 2,2 % en 2009 et de 1,1 % pour 2010, ce déficit prévu à fin 2013 a été ramené à 12 milliards d'euros.L'Unedic vient de lancer un emprunt obligataire pour 4 milliards d'euros. À quels besoins correspond-il??Les fonds mobilisés vont notamment servir à rembourser un emprunt obligataire qui arrive à échéance en février 2010, à financer le déficit de 2009 et une partie de celui de 2010. Au total, pour faire face aux difficultés à long terme, nous pourrions émettre des obligations jusqu'à un montant de 12 milliards d'euros maximum. Cette première tranche de 4 milliards d'euros a été un véritable succès. Elle a été souscrite en une heure seulement. Le taux est très intéressant.C'est-à-dire??Avec la note « triple A » attribuée à l'Unedic par trois agences de notation financière, nous avons obtenu un taux de 2,234 %, ce qui est parmi les meilleurs des emprunteurs institutionnels cette année. Deux tiers des souscripteurs sont étrangers. Et cela sans garantie d'État. Ce qui montre l'autonomie financière du régime et des partenaires sociaux qui en sont les gestionnaires.Aurez-vous besoin de lancer une seconde tranche rapidement??Compte tenu des prévisions financières, nous allons certainement devoir le faire avant l'été. Les discussions sur la nouvelle convention d'assurance chômage vont démarrer fin 2010, pour une entrée en vigueur en avril 2011. Il est important que les négociateurs, grâce à cet emprunt, soient assurés de la solidité du régime. Et réfléchissent à de nouveaux paramètres sans avoir « le pistolet sur la tempe ».Quel est l'impact de la convention négociée cette année??Fin août, l'Unedic évaluait à 54.800 le nombre d'ouvertures de droits supplémentaires dues à l'application de la convention 2009. En revanche, il est trop tôt pour observer les effets sur les sorties. Au total, cela représente un coût supplémentaire de 105 millions d'euros pour l'Unedic.Quel est le poids de la prise en charge du chômage partiel??Nous avons engagé 35 millions d'euros sur les 150 millions que nous avions mis à disposition lorsque nous avons négocié ce dispositif d'activité partielle de longue durée. Le dispositif est monté en puissance, mais des secteurs, comme l'automobile, sont bien repartis. En 2010, je pense qu'il faut poursuivre ce très bon système.Ces dernières semaines, il y a eu des tensions entre l'Unedic et l'Acoss sur le transfert du recouvrement des cotisations chômage vers la banque de la Sécu. Est-ce réglé??Il n'y a pas de tensions, il y a des négociations. Le transfert est prévu par la loi créant Pôle emploi. Nous avons même signé une convention pour l'avancer du 1er janvier 2012 au début 2011. L'objectif est d'améliorer l'efficacité du recouvrement. Mais cette simplification ne doit pas être synonyme de perte de souplesse, notamment pour les PME. Les discussions sont en cours et une expérimentation lancée en Île-de-France nous permettra de mesurer les problèmes et d'adapter le « cahier des charges ». Autre enjeu, l'Unedic va être amenée à emprunter à nouveau. Or, notre notation « triple A » dépend de la certification de nos comptes. Pour l'obtenir, il faut que les comptes de l'organisme qui recouvre les cotisations soient certifiés, qu'il s'agisse de Pôle emploi ou de l'Acoss. Or, en 2007, ceux de l'Acoss ne l'ont pas été.Votre mandat de président de l'Unedic vient bientôt à échéance. Allez-vous garder des responsabilités??Oui, je souhaite, si le Medef m'en confie le mandat, poursuivre le travail effectué, mais cette fois-ci en tant que vice-président patronal, au côté du président choisi par les syndicats. Il y a encore beaucoup de choses à faire. Les derniers dix-huit mois ont été occupés par la fusion et les négociations avec Pôle emploi. Il nous reste à construire notre nouveau rôle, celui de premier actionnaire et de premier financeur de Pôle emploi.Propos recueillis par Agnès Laurent et Isabelle Moreau

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