Obama tente de colmater les brèches politiques

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La gestion calamiteuse du gouvernement fédéral après le passage de l'ouragan Katrina, en 2005, avait définitivement scellé le sort du président Bush, déjà malmené par son aventurisme en Irak. L'actuel président veut éviter que l'explosion d'une plate-forme dans le golfe du Mexique ne devienne son « Katrina » à lui, à l'aube des élections législatives de novembre prochain. D'autant que les avancées sur le plan économique - les créations d'emplois ont repris outre-Atlantique et les Américains pourraient bientôt apprécier les bienfaits de la réforme de l'assurance-maladie - l'avaient fait remonter quelque peu dans les sondages, même si sa cote de popularité se situe encore en dessous de 50 %. Les critiques, de droite comme de gauche, font florès depuis quelques jours. Et le résultat est là : selon un récent sondage Gallup, 53 % des personnes interrogées estiment que Barack Obama a été « mauvais » dans son approche de cette crise, contre 43 % qui considèrent qu'il s'est bien débrouillé. Certes, les Américains sont encore plus nombreux à blâmer le gouvernement fédéral (60 % parlent de mauvaise gestion) et bien sûr, BP, qui exploitait la plate-forme (73 % pensent que le pétrolier a mal fait son travail).coupableIl n'empêche, le président, qui confiait récemment à la télévision combien il se sentait coupable quand sa fille lui demandait, en passant une tête dans la salle de bains ces derniers jours, s'il avait « réussi à boucher le trou », a décidé d'agir. Il a tenu une conférence de presse, jeudi soir, dans laquelle il a avoué avoir fait trop confiance à BP pour donner des informations sur l'étendue du désastre et colmater les fuites. Et le lendemain, il s'est rendu en Louisiane pour la deuxième fois depuis l'explosion, afin d'en savoir plus sur les opérations de colmatage et se rendre compte de la situation sur le terrain.Aussi poisseuses que le pétrole qui risque de souiller les côtes du golfe, les retombées de cette crise pourraient lui coller à la peau. En fait, tout a mal tourné pour Obama dans cette affaire. Quelque temps avant l'explosion, il avait annoncé qu'il ne s'opposerait pas à l'extension de l'exploration pétrolière offshore. Il est, depuis, revenu sur cette idée. Puis il a dû tenter de se montrer ferme, alors qu'il s'était révélé peu enclin à renforcer les mesures de sécurité autour des puits. Des dispositifs coûteux que refusaient les majors américaines, dont le lobby est l'un des plus puissants à Washington. Autant dire que cette affaire sert de révélateur : la rupture promise, aussi bien en matière de réglementation que de dépendance vis-à-vis de l'or noir, reste encore à réaliser. L. J. B.

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