ENTRETIEN — Vulnérable et frondeuse, l’actrice dévoile ses joies et ses tourments, son enfance bohème et les ressorts de son bonheur de vivre.La comédienne et réalisatrice de 48 ans a décidé de faire d'une enfance cabossée par les épreuves une force irrésistible. Elle révèle les secrets et les étapes qui lui ont permis de trouver « la lumière ».
Sa vie n'a rien d'un « roman de gare », titre du film de Claude Lelouch pour lequel le cinéma l'a célébrée dès 2008, lui offrant une nomination pour le césar du meilleur espoir féminin. Fantasque et lumineuse, Audrey Dana a grandi sans cadre dans une maison perdue au cœur de la forêt orléanaise, où sa mère, « immature et inconséquente », transforme le lieu en foyer d'accueil pour enfants de la Ddass. Ce théâtre improbable devient un terrain de liberté et de chaos, un vrai laboratoire de vies brisées et de possibles retrouvés.
Vulnérable et frondeuse, elle a su convertir cette enfance tourmentée en sensibilité aiguë pour les relations humaines, qu'elle scrute avec humour, lucidité et empathie. Fidèle au titre de son livre Illuminée, l'actrice et réalisatrice, dirigée par Blier, Téchiné ou encore Nakache et Toledano, semble brûler de l'intérieur, transformant désordres et fragilités en un feu discret mais irrésistible qui défie les convenances. Et fascine autant qu'il déroute.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Illuminée, c'est totalement vous, non ?
AUDREY DANA — Beaucoup de mes amis vous le confirmeraient. Comme le dit cette phrase : « Heureux sont les fêlés, car ils laissent passer la lumière. » Mais il y a aussi le sens d'être éclairé. Je ressens les choses viscéralement. C'est ma façon de rester positive. Je pars du principe que l'univers est de mon côté. Il y a les paranoïaques qui croient que tout le monde est contre eux, et puis les pronoïaques, ceux qui sont persuadés que l'univers conspire en leur faveur. Moi, j'en fais partie ! Chaque épreuve, chaque moment de mon enfance, j'essaie d'en tirer la leçon. Et puis il y a ce qu'on reçoit et ce qu'on construit soi-même. Mes deux fils, complètement opposés, en sont la preuve : différents comme le jour et la nuit et pourtant liés par quelque chose d'invisible.