« Capitaine Marleau » sur France 2 , « Top Gear France » sur RMC Découverte... Découvrez notre sélection médias de la semaine du 6 mai 2025.
« Capitaine Marleau », la chapka fait de la résistance
La cote de popularité de Capitaine Marleau, Corinne Masiero la mesure quotidiennement. Pour le meilleur, mais également le pire ! « On m'arrête partout : dans la rue, à la caisse du supermarché ou dans le métro. Il n'y a pas longtemps, j'étais dans un cimetière venue chanter pour l'enterrement d'un ami très proche. On pleurait tous comme des cons, et là, un gars m'a demandé un selfie. Franchement... » Lancée sur France 3 en septembre 2015 - avant d'être basculée sur France 2 en 2021 -, la fiction policière aux allures d'ovni cathodique s'est imposée à la surprise générale comme l'un des blockbusters de France Télévisions.
Si elle ne flirte plus avec les 7 millions de téléspectateurs comme jadis, érosion du média télé oblige, elle continue de créer l'événement à chaque nouvelle salve d'enquêtes. Vendredi soir, 4,9 millions de téléspectateurs étaient devant l'épisode dans lequel apparaissait Émilie Dequenne, décédée quelques mois après le tournage. Cette semaine, un autre sera diffusé, avec au casting Irène Jacob et Bernie Bonvoisin, offrant probablement une fois encore à la chaîne publique la première marche du podium.
Un plébiscite étroitement lié à l'improbable personnalité de son héroïne. « Une sorte de gloubi-boulga qui ne ressemble à rien, comme la définit avec humour Corinne Masiero. Une femme un peu maladroite parlant un coup en patois ch'ti, puis en bon français, et qui n'a aucun cadre. »
Gouailleuse, grivoise et attifée de vêtements bigarrés - dont l'incontournable chapka -, l'extravagante enquêtrice a tapé dans l'œil des Français, lassés des personnages sans saveur ni couleur. « Elle s'exprime comme dans la vraie vie et représente les "prolos", glisse la comédienne de 61 ans au parcours de vie cabossé, qui a passé plusieurs années dans la rue avant de connaître le succès. Ça permet à plein de gens de se reconnaître. C'est une classe sociale très peu visible à la télévision car ceux qui "fabriquent" les films viennent des bons milieux. »
La « créature » de Josée Dayan
Impossible également de ne pas dresser un parallèle avec la figure du lieutenant Columbo. L'imper en moins, le couvre-chef en plus. « Le mec arrivait débraillé, complètement à l'ouest, observe Josée Dayan, la créatrice de Capitaine Marleau. Il jouait les étonnés et puis finalement se révélait beaucoup plus fin que les autres. C'est la même chose avec le personnage qu'interprète Corinne. Elle est surtout un électron libre, qui n'a pas de famille ni de hiérarchie. Ça tranche avec les autres séries policières où, habituellement, les flics sont en couple ou divorcés, ont des enfants et un supérieur. »
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Dès le départ, l'illustre réalisatrice a fait le pari de s'adjoindre à chaque épisode les services d'un « guest ». Comprendre un acteur de renom qui s'invite dans la série le temps d'une intrigue. « Je me suis dit qu'il fallait mettre systématiquement une star face à Corinne. Gérard Depardieu a eu la générosité d'accepter de faire le tout premier épisode. » Avant que ne lui succède une myriade d'autres poids lourds du cinéma français, comme Jean-Pierre Marielle, Isabelle Adjani, Niels Arestrup, Sandrine Bonnaire ou Pierre Arditi. N'en jetez plus.
[Avec Josée Dayan] on se vouvoie toujours, mais on se donne des petits surnoms. Elle m'appelle sa "créature" et moi "Docteur Frankenstein"
Corinne Masiero
« C'est très rare de voir ce type d'acteurs dans des téléfilms. Aujourd'hui, Corinne se suffit à elle-même mais je tiens à conserver cette marque de fabrique, c'est dans l'ADN de la série », confie Josée Dayan, qui a tissé avec la comédienne une relation unique et atypique. « Josée est plus qu'une pote, c'est devenu une amie très chère à mon cœur, résume Corinne Masiero. Elle a des valeurs politiques à l'opposé des miennes. Mais, en fin de compte, elle a une générosité que l'on observe rarement chez les gens qui se disent pourtant de gauche. On se vouvoie toujours, mais on se donne des petits surnoms. Elle m'appelle sa "créature" et moi "Docteur Frankenstein". »
Un trait d'humour qui résonne avec la manière dont Corinne Masiero a réussi à s'émanciper et ainsi échapper à sa « créatrice ». « Quand je reçois les dialogues, je les réécris à ma sauce. Je ne fais lire ces modifications à personne. Ni à la production ni à la chaîne. Pas même à Josée. Tout le monde le découvre le jour du tournage. Je rajoute des choses que j'ai pu lire dans Mediapart ou entendre en manifs. Je suis très impliquée sur certains sujets, comme les droits des femmes, des enfants et des sans-papiers. »
Une réécriture militante ainsi qu'un jeu débridé - jugé caricatural par certains - qui lui valent des critiques. « Je n'ai aucun souci avec ce type de remarques. J'ai même des potes qui me disent parfois que j'y vais un peu fort. On ne peut pas plaire à tout le monde. Vous savez, je ne force personne à me regarder, il y a un truc très bien qui s'appelle la télécommande ! »
« Top Gear France », à fond la caisse (4⭐/5)
Top Gear France, à partir du 14 mai à 21 h 15 sur RMC Découverte. (Crédits : RMC Découverte/RMC BFM Play)
Moteur, ça tourne ! Accrochez vos ceintures, la dixième saison de Top Gear France qui débute mercredi soir sur RCM Découverte va secouer ! Un nouveau trio de présentateurs 2.0 s'installe au volant de la plus célèbre des émissions automobiles : Pog, Akram et FranckMyLife, des créateurs de contenu qui cumulent plus de 10 millions d'abonnés sur les réseaux sociaux.
Ces dingues de voitures se mettent en scène dans des défis spectaculaires et survitaminés, comme le pilotage d'un char Leclerc dans le premier épisode. Ou un road-trip en Ouzbékistan dans le suivant. Leur humour déjanté - teinté de mauvaise foi - fonctionne à merveille et l'on savoure les innombrables guests qui se succèdent au cours de cette saison anniversaire, à l'image de Tomer Sisley, Fred Testot, Arnaud Tsamère, Jason Chicandier ou encore Bruno Solo.